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RASSEMBLEMENT À LA MÉMOIRE DE BRAHIM BOUARRAM ET DE TOUTES LES VICTIMES DE CRIMES RACISTES

Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, 29 ans, profitait d’une journée ensoleillée sous le pont du Carrousel. Il ne savait pas qu’on allait le précipiter dans la Seine et mettre fin à ses jours. Les assassins venaient de quitter le défilé du Front National.

Depuis, d’autres noms se sont ajoutés à la liste sinistre des victimes de crimes racistes.

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Naissance d’une Nation : arpenter Trumpland avec Cedric Robinson (Partie 2)

Cedric Robinsonn aimait citer son ami et collègue Otis Madison : « L’objectif du racisme est de contrôler la conduite des blancs, non celle des noirs. Pour les noirs, les flingues et les chars suffisent ». Robinson utilisa cette citation comme épigraphe pour un chapitre de Forgeries of Memory and Meaning (2007), intitulé « L’année 1915 : D.W.Griffith et la re-blanchisation de l’Amérique ». Lorsque l’on me demande ce que Robinson aurait, selon moi, dit à propos de l’élection de Donald Trump, je les renvoie à ce texte qui démontre qu’il avait déjà offert un cadre permettant de donner un sens à ce moment et à ses antécédents.

L’œuvre de Robinson – surtout ses essais les moins connus sur la démocratie, l’identité, le fascisme, le cinéma et les régimes raciaux – a beaucoup à nous apprendre sur les fondations du trumpisme, sur les crises endémiques de la démocratie, sur la formation raciale de la classe ouvrière blanche et sur la signification de la résistance pour déterminer le futur.

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Naissance d’une Nation : arpenter Trumpland avec Cedric Robinson (Partie 1)

Cedric Robinson aimait citer son ami et collègue Otis Madison : « L’objectif du racisme est de contrôler la conduite des blancs, non celle des noirs. Pour les noirs, les flingues et les chars suffisent ». Robinson utilisa cette citation comme épigraphe pour un chapitre de Forgeries of Memory and Meaning (2007), intitulé « In the Year 1915: D.W.Griffith and the Rewhitening of America ». Lorsque l’on me demande ce que Robinson aurait, selon moi, dit à propos de l’élection de Donald Trump, je les renvoie à ce texte qui démontre qu’il avait déjà offert un cadre permettant de donner un sens à ce moment et à ses antécédents.

L’œuvre de Robinson – surtout ses essais les moins connus sur la démocratie, l’identité, le fascisme, le cinéma et les régimes raciaux – a beaucoup à nous apprendre sur les fondations du trumpisme, sur les crises endémiques de la démocratie, sur la formation raciale de la classe ouvrière blanche et sur la signification de la résistance pour déterminer le futur.

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Plus d’un millier de civils tués par les bombardements depuis le début du mois : arrêtons le carnage à Mossoul et en Syrie !

Chaque jour depuis le 19 février, des dizaines de civils en Irak et en Syrie sont tués par les bombardements de la coalition occidentale à laquelle participe la France.

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19 mars 2017 : une marche digne et déterminée !

Près de 25 000 à marcher en ce 19 mars 2017 de Nation à République ! Nous étions nombreuses et nombreux à marcher contre les violences policières. Cette Marche pour la Justice et la Dignité a été une réussite et un moment important de la construction d’un espace politique autonome de l’immigration et des quartiers.

Nous avons marché derrière le cortège des familles et derrière les collectifs de lutte contre les violences policières. Le cortège de l’antiracisme politique, regroupant le PIR, la Brigade Anti-négrophobie, Français et Musulmans, l’ATF, l’ATMF, UHURU et divers collectifs, a été un véritable succès, dynamique, jeune, et a tenu ferme sur nos exigences : l’anti-impérialisme, la lutte contre la Françafrique et le franc CFA, la dissolution des polices spéciales, des BAC, le désarmement de la police, la solidarité avec la Palestine, et la mémoire des luttes immigrées. Il faut aussi mentionner les franges du mouvement social qui, au prix de nombreuses années de débats souvent vifs et de luttes internes, ont compris la nécessité de l’auto-organisation des mouvements antiracistes et saluer tout particulièrement les cortèges syndicaux autant que la colonne antifasciste.

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Marche pour la Justice et la Dignité ou l’art de lutter avec, séparément et contre

S-t-o-p-à-l’i-m-p-u-n-i-t-é : ces 14 lettres, on pouvait les voir, ce vendredi 10 mars 2017, arborées fièrement sur les t-shirts de militants postés en ligne au pied du Tribunal de grande instance de Paris. Ils célébraient alors une étape victorieuse de la lutte contre les violences policières. Après cinq longues années d’un combat acharné, Amal Bentounsi, porte-parole du collectif Urgence Notre Police Assassine et membre fondatrice de l’Observatoire nationale des violences policières, a obtenu la condamnation du policier qui a tué son frère d’une balle dans le dos en 2012. La comparution du policier aux assises, la peine de prison avec sursis qui a été prononcée, sont une bonne nouvelle pour toutes les familles de victimes et tous ceux qui luttent contre les violences policières. Mais ce jugement, qui reste relativement timide au regard du meurtre avéré, ne met pas fin à l’impunité policière. Il n’est qu’un moment de la lutte de longue haleine que mènent les familles. Et ce combat s’inscrit dans la continuité de la Marche pour l’Egalité et contre le Racisme de 1983, des révoltes urbaines de 2005 et de la Marche de la Dignité et contre le Racisme, organisée le 31 octobre 2015, à l’initiative d’un appel lancé par cette même Amal Bentounsi. Une marche qui avait réussi à rassembler près de 15 000 personnes dans les rues de Paris derrière les mots d’ordre « Dignité, Justice, Réparations », sur la base d’une dénonciation ferme des crimes policiers à caractère raciste et du racisme d’État. Née du renforcement des liens entre les organisations et les militants des luttes de l’immigration et des quartiers populaires, cette convergence a su témoigner de sa pérennité.

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« La Dignité c’est ce qui fait que, bien qu’on ait été salis, bafoués, meurtris, on est encore là, on parle et on n’a pas peur. On gardera cette Dignité pour nos morts quoi qu’il arrive ». Entretien avec Jessica Koumé, mars 2017

En ce jour de la Marche pour la Justice et la dignité, parole est donnée à l’une des membres des familles qui est à son initiative, Jessica Koumé. Son compagnon, Amadou Koumé, a trouvé la mort lors d’une intervention d’agents de la BAC de Paris en mars 2015. Elle a rejoint aussitôt le collectif Urgence notre police assassine et a fait partie de la MAFED organisatrice de la Marche de la Dignité d’octobre 2015.

Juste après sa prise de parole lors du meeting appelé par les familles de victimes de violences et de crimes policiers qui s’est tenu le 4 mars dernier à Paris, elle explique plus longuement dans cet entretien comment la lutte contre l’impunité accordée aux policiers est d’abord une lutte contre le silence des institutions policière et judiciaire ainsi qu’une lutte contre le déni du crime qui finit par se confondre avec le déni de la personne tuée aux mains de la police, un homme noir en plein Paris.

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La Révolution au Venezuela. Une histoire populaire : entretien avec George Ciccariello-Maher (1ère partie)

Dans son ouvrage, La Révolution au Venezuela. Une histoire populaire (La Fabrique, 2016), George Ciccariello-Maher plonge au cœur des luttes qui ont façonné le Venezuela de Chávez. Loin de la fétichisation de la personnalité de Chávez, c’est aux processus révolutionnaires que s’intéresse Ciccariello-Maher. L’occasion, pour lui, de revenir dans cet entretien sur la spécificité des antagonismes raciaux au Venezuela et l’intérêt d’étudier à la fois les processus révolutionnaires mais aussi le colonialisme en Amérique latine pour nous aider à comprendre le phénomène colonial dans sa globalité.

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Bobigny 2017 : quand la banlieue impose la dignité

Le samedi 11 février au soir à Bobigny s’est produit un événement. Entre deux et trois cents jeunes Arabes et Noirs ont pris les pierres et les briques comme arme contre la police nationale. Des scènes d’affrontements ont eu lieu dans plusieurs quartiers du centre-ville. D’abord dans la cité Paul Vaillant-Couturier, puis du côté de Jean Rostand, ensuite au niveau du rond-point entre les cités Paul Eluard et Paul Vaillant-Couturier, enfin dans les environs de la mairie et de la cité Salvador Allende. 

De mes yeux je n’avais jamais vu de tels affrontements ; eux non plus. A 28 ans, je fais déjà partie de la vieille génération. J’étais là parmi eux, mais prête à fuir au moindre lancer de gaz ou tir de flashball. Ils avaient entre 13 ans et 20 ans, je reconnaissais certains d’entre eux, des jeunes de ma cité que j’ai vu grandir. C’était, pour beaucoup, leur première expression politique. Elle était pure, à l’état brut. Ils ne s’étaient pas préparés à cette bataille, aucune coordination, jusqu’à leurs vêtements inadaptés à cette guérilla urbaine. J’étais tout près d’eux mais et à des années-lumière à la fois. Je tenais à rester présente pour témoigner et par fraternité. Eux, ils avaient tous moins de 20 ans, quasiment que des hommes, et pour la majorité très précaires. Mes frères. Ils sont beaux. Et je craignais pour eux. Morte d’inquiétude. A la fois fière et triste.

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Marche pour la justice et la dignité, le 19 mars

Un par mois. C’est, en moyenne, le nombre de pères, de frères, de fils que nous perdons à cause de la brutalité des forces de l’ordre. Une brutalité qui prend plusieurs formes : des techniques de pliage qui conduisent à l’asphyxie des victimes aux coups de poings, de balles ou de Taser qui, dans les pires des cas, s’avèrent mortels.

Régulièrement depuis plus de 40 ans, les nôtres sont ainsi tués par l’État Français, aux mains de ceux que l’on appelle ironiquement les « gardiens de la paix ». Régulièrement depuis plus de 40 ans, c’est l’impunité la plus abjecte et les campagnes de criminalisation qui répondent aux mobilisations de celles et ceux qui réclament vérité et justice pour leurs morts. L’acharnement policier, judiciaire et politique contre la famille Traoré, à qui nous exprimons toute notre solidarité, en est la preuve. À chaque fois, c’est la même histoire.

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