De la Palestine à l’Afrique : en finir avec le colonialisme !

Introduction du PIR à la 4ème rencontre de l’Espace Malcolm X

Bienvenue à toutes et à tous à cette quatrième rencontre organisée par l’Espace Malcolm X.

Tout d’abord, merci à la FTCR de nous accueillir une nouvelle fois pour parler de l’Afrique et de la Palestine.

L’Espace Malcolm X rassemble plusieurs organisations politiques anticolonialistes et anti-impérialistes, engagées contre le racisme, notamment l’islamophobie et la négrophobie.

La Ligue Panafricaine-Umoja œuvre pour la libération et l’unité africaines, la défense des intérêts communs des peuples et des diasporas africaines et la réalisation des États-Unis d’Afrique, dans l’esprit du panafricanisme.

Perspectives Musulmanes est née dans le sillage de la mobilisation contre la loi dite « séparatisme » en 2021. Elle œuvre à renforcer l’autonomie, l’organisation collective et la capacité d’action des musulmans, pour faire émerger une force musulmane consciente de ses intérêts et en mesure de les défendre.

La Brigade Panafricaine pour la Palestine, née de la mobilisation pour la Palestine, inscrit la solidarité avec le peuple palestinien dans une perspective panafricaine et anticoloniale.

CAGE International est un observatoire militant qui documente, dénonce et combat l’islamophobie et les discriminations visant les musulmans à travers le monde.

Le Parti des Indigènes de la République s’inscrit dans une perspective décoloniale visant à organiser les populations issues de la colonisation et à renforcer leur autonomie politique. Il œuvre à construire une force collective face aux rapports de domination hérités de l’ordre colonial.

Cet espace est important à plus d’un titre.

Il est l’un des fruits des mobilisations contre le génocide et pour la libération de la Palestine depuis octobre 2023. Sa perspective, c’est le Sud : celui où se tiennent, avec force, courage et abnégation, les résistances et les luttes contemporaines contre l’ordre colonial et impérial.

Faire vivre cet espace, c’est faire exister, en France, métropole impérialiste et coloniale, un pôle anticolonialiste. Un pôle qui nourrit nos luttes, nos réflexions, nos débats et nos stratégies, de manière autonome, sans allégeance au champ politique blanc.

Cette autonomie nous est chère : elle soutient et rend visible l’existence politique des populations issues de la colonisation en France.

Cette existence se manifeste aujourd’hui à travers le puissant mouvement lycéen, initié par la jeunesse des quartiers. Elle se bat pour de meilleures conditions d’étude et, surtout peut-être, pour la justice, tant elle subit discriminations et relégations dans de nombreux domaines de sa vie.

Cette jeunesse est en partie issue des anciennes et des actuelles colonies françaises d’Afrique.

Elle lutte à sa manière, avec ses propres codes générationnels et culturels, tout en affirmant une sensibilité profondément anticolonialiste.

Cette dimension s’exprime par un puissant appui à la lutte de libération palestinienne : lors des blocages de leurs lycées, les jeunes brandissent le drapeau palestinien, mais aussi les drapeaux congolais, marocains, algériens, sénégalais, maliens et de bien d’autres pays.

Cette jeunesse est durement réprimée par la police, gazages, tabassages, arrestations et gardes à vue arbitraires, mutilations, comme par la justice, qui compte se montrer implacable face à cette jeunesse indigène qui résiste.

Il faut comprendre cette répression non comme une succession de faits isolés, mais comme une même logique de maintien de l’ordre et de criminalisation de celles et ceux qui contestent l’ordre colonial établi.

C’est précisément ce que Frantz Fanon nous aide à penser : dans un ordre colonial, la violence n’est pas une anomalie ; elle constitue un instrument de domination, et la répression devient le langage par lequel le pouvoir rappelle aux dominés la place qu’il entend leur assigner.

Et cette répression n’est pas abstraite : elle a des visages, des noms, des histoires.

Certains sont même parmi nous aujourd’hui : nos frères Elias, Bouna, Raouf, ainsi que notre organisation, le PIR, dont le procès aura lieu le 26 novembre prochain pour « apologie de libération ».

Nous sommes rue du Maroc.

Jusqu’à aujourd’hui, de nombreux militants ont été arrêtés pour s’être opposés à l’ouverture prochaine de l’ambassade d’Israël dans le pays et à la normalisation des relations entre le Makhzen et l’État d’Israël.

C’est aussi le cas de nos frères et sœurs engagés dans l’organisation de la Global Sumud Flotilla en Tunisie.

Une pensée fraternelle va aux militants tunisiens de la Global Sumud Flotilla aujourd’hui emprisonné·es : Nabil Channoufi, Wael Naouar, Sana Msahli, Jawaher Channa, Mohamed Amin Bannour, Ghassen Boughdiri…

Pour cette quatrième rencontre, intitulée « De la Palestine à l’Afrique : en finir avec le colonialisme », nous avons la joie d’accueillir deux spécialistes de l’impérialisme et du colonialisme.

Amzat Boukari-Yabara est historien, auteur notamment de Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme. Militant, il préside la Ligue Panafricaine-Umoja.

Raouf Farrah est politologue et chercheur. Militant du Pan-African Palestine Solidarity Network, le PAPSN, il a participé à l’initiative visant à briser le blocus de Gaza, dans le cadre de la Global Sumud Flotilla. Il est également le coordinateur de l’ouvrage Rising for Palestine: Africans in Solidarity for Decolonization and Liberation.

Nous ne serons pas libres tant que l’Afrique ne sera pas libre !

Nous ne serons pas libres tant que la Palestine ne sera pas libre !

Ahlam, membre du PIR

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