Initié par des lycéens de la région parisienne, ce mouvement, qui a pris de l’ampleur à l’échelle nationale depuis hier, revendique des conditions d’études dignes, fortement dégradées depuis les contre-réformes de l’éducation qui ont jalonné les différents mandats politiques.
Ces revendications immédiates sont élémentaires : remplacement des enseignants, réduction des effectifs dans les classes, allègement des emplois du temps surchargés, rénovation des bâtiments insalubres et inadaptés au froid comme à la canicule. Et pourtant, nombre d’établissements, particulièrement dans les quartiers populaires issus de l’immigration, en sont privés.
Cette jeunesse sait qu’elle ne bénéficie pas des mêmes droits, des mêmes moyens et du même traitement dans son parcours scolaire : moyens alloués aux établissements, sélection et orientation à travers Parcoursup, contrôle des corps et des tenues, interdiction du portable au lycée, profilage racial, criminalisation des jeunes Noirs, Arabes, Rroms, musulmans et, plus largement, des personnes non blanches. Les pancartes contre le Rassemblement National, la police du vêtement, la loi islamophobe de 2004, les violences policières et les discriminations raciales ne sont donc pas accessoires : elles expriment une expérience vécue du racisme structurel.
Cette jeunesse est aussi celle de la génération Nahel et Adama, marquée par les mobilisations contre les violences policières et les discriminations vécues dans les quartiers populaires. Cette mémoire des mobilisations fait partie de l’expérience politique de toute une génération.
Ce vécu particulier de cette jeunesse trouve aussi un écho dans le soutien à la lutte du peuple palestinien et dans les mobilisations pour Gaza. Trois années de mobilisation pour la libération de la Palestine et contre le génocide à Gaza ont contribué à faire de la cause palestinienne un enjeu emblématique du mouvement lycéen, notamment à travers les affiches « Free Palestine » ou les drapeaux palestiniens.
Cette jeunesse sait plus que toute autre que ses destins sont scellés. Elle affirme aujourd’hui haut et fort son existence politique dans le cadre du blocage de ses lycées. Bloquer, c’est aussi reprendre du temps : du temps pour se mobiliser, penser les actions, construire des alliances avec les personnels de l’éducation, élaborer collectivement leurs revendications et faire entendre une parole politique autonome.
La répression du pouvoir est féroce contre la jeunesse des quartiers, encore plus lorsqu’elle se dresse en tant que sujet politique. Nombre de lycéens ont subi des violences policières : tabassages, tirs de LBD, arrestations et gardes à vue, malgré leur statut de mineurs. Ils sont aussi les héritiers des mobilisations contre les violences policières qui ont marqué la génération Nahel et Adama.
- Soutien inconditionnel aux lycéennes et lycéens mobilisés et réprimés. En se levant, en s’organisant et en refusant l’ordre qui leur est imposé, ils nous montrent la voie.
- Soutien au mouvement lycéen et à leurs revendications pour la dignité et la justice !
- À bas la répression policière !
- Libération et relaxe de tous les lycéens réprimés !
PIR







