Le 24 juin 2015, tandis que la violence policière contre l’immigration postcoloniale et ses descendants continue à sévir en France dans un contexte de complicité et même d’incitation politique, de déni médiatique et d’impunité, le Collectif « Stop Le Contrôle au Faciès » est parvenu à faire condamner l’Etat pour « faute lourde » à propos de cinq contrôles discriminatoires. La cour a jugé, sur la base de « présomptions graves, précises et concordantes », que les contrôles des plaignants ont été réalisés « en tenant compte de l’apparence physique et de l’appartenance, vraie ou supposée à une ethnie ou une race », sans aucune autre justification.
Face au climat islamophobe en vigueur, sans cesse alimenté par la classe politique et les médias, le Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) est entrain de menacer l’éligibilité de Marine Le Pen, candidate à la présidence de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, à la fin de cette année, et probable candidate à l’élection présidentielle de 2017. En décembre 2010, la dirigeante du Front National avait comparé les prières musulmanes de rue à l’occupation allemande, durant la seconde guerre mondiale. Le MRAP avait bien déposé une plainte pour incitation à la haine raciale, mais celle-ci avait été classée sans suite et l’organisation en était restée là. En 2012, le CCIF a porté plainte avec constitution de partie civile, en saisissant directement le doyen des juges d’instruction à Lyon. Aujourd’hui, tandis que l’immunité parlementaire de Marine Le Pen a été levée, le dossier a été renvoyé devant la Cour Correctionnelle. En attendant l’épilogue judiciaire de cette affaire, ce renvoi démontre qu’’une action déterminée et sérieuse peut porter ses fruits.
Finalement, nous ne pouvons que célébrer l’aboutissement historique, ce 21 septembre 2015, après des années de lutte, de la plainte des centaines de chibanis marocains contre leur traitement discriminatoire par la SNCF qui les avait pénalisé dans leur carrière, leur salaire et leur retraite, en raison de leur origine. De la sorte, la discrimination à l’emploi, les abus policiers et les outrances islamophobes de la classe politique ne sauraient plus rester sans réponse de la part des principaux concernés, organisés de façon autonome pour défendre leurs droits.
Certes, la bataille n’est pas uniquement juridique, elle est aussi et surtout sociale et politique. Sur ces terrains comme sur le précédent, les mobilisations indigènes – depuis la solidarité avec la Palestine jusqu’au combat contre toutes les expressions du système raciste – altèrent le débat public, transforment les rapports de force et font bouger les lignes, au point de susciter des réactions répressives et véhémentes au sein de l’Etat et parmi les médias et leurs « intellectuels » organiques. Chaque victoire indigène manifeste notre présence et ouvre la voie – celle de la dignité – vers un vaste mouvement contre-hégémonique de renversement du système raciste. Nous avons marché, nous continuons à marcher ! Nous avons vaincu, nous vaincrons encore !
Parti des Indigènes de la République