Intervention du PIR à la Marche pour Nahel, pour nos jeunes et contre l’impunité policière du 21 mars 2026 à Nanterre.
Il y a 3 ans, à Nanterre, notre petit frère Nahel Merzouk était abattu à bout portant par un policier, à 17 ans, la veille de l’Aïd el-Kebir, Allah yrahmo. Déjà, notre fête était entachée par un racisme systémique qui tue.
Tué, comme des centaines d’autres, pour avoir eu le malheur de se retrouver face aux bandes armées du pouvoir colonial. Aujourd’hui encore, nos Aïd sont marqués par les morts, de la Palestine au Liban, jusqu’à l’Iran. Car la vie des nôtres, ici comme ailleurs, ne compte pas pour ce pouvoir racial et colonial qui leur mène une guerre permanente. De Nanterre à Gaza, c’est la même logique de violence et d’impunité.
Nahel, tué pour « refus d’obtempérer », parce qu’il était arabe, jeune, issu des quartiers de l’immigration. Comme tant d’autres, sa mémoire a été bafouée en en faisant le responsable de sa mort par une scandaleuse inversion des responsabilités. Car cette République coloniale et raciste s’acharne à enterrer la vérité avec les corps des nôtres, malgré des images accablantes. Mais qu’elle le sache : nous ne nous tairons pas, nous ne reculerons pas.
Il y a 3 ans, toute une génération indigène l’a prouvé en se soulevant dans une grande révolte de la Dignité, qui a fait trembler la France pendant plus d’une semaine, en surpassant par son ampleur et par celle de la répression policière les révoltes de 2005 qui avaient suivi l’assassinat de Zyad Benna et Bouna Traoré.
Une répression sans pareil s’était abattue sur notre jeunesse. Des milliers jeunes ont été condamnés dont dans de très nombreux cas en comparutions immédiates. Cette justice expéditive, rouage de cette machine judiciaire raciste, est révélatrice d’une volonté de criminaliser, domestiquer, soumettre notre lutte contre le racisme d’État.
Notre jeunesse s’est soulevée car elle savait par avance que les assassins de Nahel jouiraient de l’impunité dont bénéficient toujours les forces de l’ordre colonial et racial. Elle savait combien les familles frappées par ces drames endurent une longue persécution judiciaire qui débouche systématiquement sur un déni de justice. La cour d’appel dans sa dernière décision a confirmé cette impunité, en osant requalifier le geste du meurtrier, en faisant d’une balle tirée en plein thorax une simple violence sans intention de donner la mort.
Notre jeunesse avait raison de se révolter, et nous avons raison de continuer à rester mobilisés. La police assassine, toujours et toujours, et la Justice acquitte, toujours et toujours.
Nous exigeons la justice pour la mémoire de Nahel, et pour celles de toutes les victimes de violences policières, passées et avenir. Car cet ordre racial et colonial crée les conditions de la mise mort des hommes issus de la colonisation en renouvelant férocement son arsenal juridique.
Cette justice ne peut pas dépendre uniquement d’une institution judiciaire dont nous connaissons le vrai visage, et qui participe de notre oppression.
Exiger la justice, c’est demander l’abolition du contrôle policier et de la loi de « Sécurité Publique » de 2017, qui autorise les policiers à faire usage de leur arme à feu sans craindre d’être inquiétés par la Justice.
Exiger la justice, c’est exiger le désarmement de la police.
Exiger la justice, c’est exiger l’amnistie pour les jeunes poursuivis, condamnés ou incarcérés après les révoltes. L’amnistie, c’est refuser que notre jeunesse paie le prix d’un ordre qui produit lui-même les conditions de la révolte, et exiger la libération des révoltés et la reconnaissance de la responsabilité de l’État.
Exiger la justice, c’est exiger une réduction drastique de toutes les dépenses sécuritaires, qui ne font que renforcer l’ordre raciste et répressif qui pèse sur nos vies et nous tient en joue en permanence.
Exiger la justice, c’est exiger l’abolition de l’ensemble de la chaîne pénale et carcérale gardienne de l’ordre raciste, et l’abolition de toutes lois répressives, islamophobes, négrophobes, anti-immigrants et antiterroristes.
Pour Nahel Merzouk, El Hassen Diarra, Alhoussein Camara, Amine Bentounsi, Wissam El Yamni, Adama Traoré, Lamine Dieng, Lahoucine Ait Oumghar, Angelo Garand, Sabri Chouhbi, Ibrahima Bah, Gaye Camara, Babacar Gueye, Ali Ziri, Zyed Benna, Bouna Traoré et tous nos autres frères tués par la police, Allah yrahamhom, Justice, Vérité et Réparations!
Justice pour Nahel !
PIR







