Dans une discrétion, qui ne signifie nul oubli, a été enterré ce jour un résistant palestinien, dont l’héritage nous oblige ! Talal al-Rifaï, Allah yrahmou. Au carré musulman du cimetière parisien de Thiais, la terre francilienne a accueilli, comme tant d’autres terres loin de la Palestine, ce fils de la Nakba. La Palestine a tout de même rendu les honneurs à ce combattant par la présence nombreuse au cimetière de la famille, des proches et des frères et sœurs de lutte.
Né précisément en 1948, et contraint avec sa famille à l’exil en Syrie, Talal al-Rifaï s’est engagé, dès son plus jeune âge, dans la lutte anticoloniale pour la libération du peuple palestinien. Son parcours est exemplaire de sa génération propulsée dans le combat. Repéré puis coopté par Abou Jihad, il rejoint le Fatah et devient membre de la GUPS (Union générale des étudiants palestiniens). Envoyé en France en 1970, il occupera entre autres la fonction de représentant de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en Europe. Proche de Mahmoud Hamchari et d’Ezzedine Kalak, tous deux représentants de l’OLP en France, assassinés par le Mossad, il a mené sans relâche le combat contre l’occupation, la dépossession et le système colonial imposé au peuple palestinien. Ses engagements le conduisent ensuite à devenir le représentant du Parti communiste palestinien en France, inscrivant son engagement dans une perspective internationaliste au service des peuples et contre toutes les formes de domination.
Parallèlement à son engagement pour la Palestine, Talal al-Rifaï a pris place dans les luttes syndicales en France. Il rejoint ainsi le syndicat des cochers-chauffeurs, l’un des syndicats fondateurs de la CGT, dont il devient secrétaire général, affirmant son attachement à la défense des travailleurs et à la justice sociale. De nombreux syndicalistes ont tenu d’ailleurs à honorer ses qualités et sa mémoire en se joignant à l’enterrement. Nous perdons donc également une figure syndicale de l’immigration.
S’il n’a pas vu l’aboutissement de ce combat, Talal al-Rifaï laisse à ses enfants et petits-enfants un héritage politique et sensible : la conviction que la lutte contre le colonialisme, l’impérialisme et le sionisme doit se poursuivre avec lucidité, courage et détermination.
Comme l’a très bien énoncé un de ses fils, lui-même militant de la lutte de libération de la Palestine, la tristesse ne peut pas faire oublier que les enterrements comme celui d’aujourd’hui sont des luxes inaccessibles pour tant de peuples en ce moment, depuis la Palestine jusqu’au Soudan, en passant par l’Iran, le Yémen, l’Irak et le Liban.
Toutes nos condoléances vont à sa famille et au mouvement de lutte de libération palestinienne.
Révolution jusqu’à la victoire !
PIR







