En librairie le 22 janvier 2009

Un livre de Sadri Khiari : « La Contre-révolution coloniale en France de de Gaulle à Sarkozy »

« Le racisme n’est pas un dysfonctionnement de la République, comme on a souvent tendance à le penser, mais son fonctionnement normal. La République est le Pouvoir blanc. »

Comme le Capital a produit les classes, le patriarcat les genres, le colonialisme a produit les races. Si le mot fait peur, se chuchote à peine, la chose, elle, n’en finit pas d’exister et de tisser les rapports sociaux. C’est elle qui cimente les discriminations à l’embauche, à l’avancement, au logement, dans l’accès aux loisirs ou aux instances médiatiques et politiques, dans les pratiques policières et judiciaires, etc.

« La preuve des races sociales, c’est qu’elles luttent ! »

Face à cette offensive massive contre tous ceux qui sont définitivement de l’autre côté de la barrière raciale et que la France s’acharne à combattre en particulier pour ce qu’ils sont censés avoir de particulier, Sadri Khiari nous donne à voir les luttes de résistance de ceux dont on tolère à peine l’existence quand on ne la nie pas complètement : des luttes des OS immigrés aux grèves des loyers dans les foyers Sonacotra, des luttes des sans-papiers à la solidarité avec la Palestine, des mobilisations contre les crimes racistes et les violences policières jusqu’aux révoltes des quartiers populaires, ils sont nombreux à défier les promesses non tenues de liberté, d’égalité et de fraternité.

Pouvoir blanc vs Puissance indigène

Derrière les défaites, les « récupérations », les protestations sans lendemain, les émeutes vite réprimées ou les divisions, Sadri Khiari nous révèle l’existence d’une véritable puissance politique, longtemps restée inidentifiable, parfois inconsciente d’elle-même mais bien réelle -tant, dans une logique d’opposition à la domination blanche, elle pèse dans les rapports de forces.

Sadri Khiari est l’un des fondateurs du MIR. Il est l’auteur de Tunisie, le délitement de la cité – Coercition, consentement, résistances (Karthala, 2003) et de Pour une politique de la racaille. Immigré-e-s, indigènes et jeunes de banlieue (Textuel, 2006).

Editions La Fabrique, janvier 2009, 12 euros – 255 pages

(Présentation de l’éditeur)

Ce contenu a été publié dans Actualités, Archives, Sadri Khiari. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Un livre de Sadri Khiari : « La Contre-révolution coloniale en France de de Gaulle à Sarkozy »

  1. Ping : Féministes ou pas ? Penser la possibilité d’un « féminisme décolonial » avec James Baldwin et Audre Lorde | Les Indigènes de la République

Les commentaires sont fermés.