Racaille

L’imposture Caroline Fourest

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A écouter Caroline Fourest parler d’elle-même (l’un de ses sujets favoris), elle aurait quasiment toutes les qualités : elle se décrit à la fois comme une « intellectuelle », comme une défenseuse de la liberté d’expression, comme une militante « anti-raciste »…(etc, etc). La réalité de ses actions, écrits et discours est malheureusement souvent bien éloignée de cet autoportrait si flatteur.

« Je suis une intellectuelle », affirmait Caroline Fourest dans une interview à l’AFP en février 2012, avec toute l’humilité et la modestie qu’on lui connaît.

Mais Caroline Fourest est bien plus qu’une intellectuelle autoproclamée. Elle serait également selon elle une ardente défenseuse de la liberté d’expression… en réalité surtout la sienne, et celle de ceux qui pensent comme elle. Car les insolents qui dénoncent ses idées ou ses méthodes, elle ne ménage pas ses efforts pour les faire taire. Entre les poursuites judiciaires abusives lancées contre Xavier Ternisien, les lettres d’intimidation envoyées au collectif LMSI pour qu’il supprime les articles qui la dérangent, ou les intimidations physiques de Fiammetta Venner (compagne de Caroline Fourest et accessoirement judoka), elle ne lésine pas sur les moyens pour faire taire ses critiques.

Mais la plus grande imposture de Caroline Fourest est de se revendiquer du mouvement anti-racisme.

Sa trouvaille pour délégitimer la dénonciation de l’islamophobie

Caroline Fourest a trouvé un argument génial pour délégitimer ceux qui dénoncent l’islamophobie, un argument dont elle est si fière qu’elle l’a propagé un peu partout : dans son livre Tirs Croisés, dans son article « Ne pas confondre islamophobes et laïcs » (Libération, le 17/11/2003), dans son article intitulé « Islamophobie ? » dans le n° 26-27 de la revue Prochoix. Elle écrit :

« Le mot islamophobie a une histoire, qu’il vaut mieux connaître avant de l’utiliser à la légère. Il a pour la première fois été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens »
(« Ne pas confondre islamophobes et laïcs », Libération, 17/11/2003)

Le seul problème, c’est que c’est complètement faux. Le mot islamophobie était utilisé en France dès 1910 par Alain Quellien dans son ouvrage « La Politique Musulmane dans l’Afrique Occidentale Française », ou encore par Maurice Delafosse dans son livre « Haut-Sénégal-Niger » publié en 1912, ainsi que dans d’autres publications de la même époque. Ce mot n’est donc certainement pas l’invention d’affreux et liberticides intégristes iraniens. Et quant au fait même que les « mollahs iraniens » aient pu utiliser ce terme, c’est également très contesté, on attend toujours la moindre source ou preuve le démontrant.

Mais peu importe la véracité de l’argument pour Caroline Fourest, l’important est son efficacité. Et là, le but est atteint… Les musulmans sont donc avertis : si leur mosquée a été vandalisée, ou s’ils ont été discriminés, agressés ou insultés parce qu’ils portaient une barbe ou un voile, qu’ils évitent de parler d’islamophobie… ils risqueraient de passer pour des instruments ou des alliés des affreux « mollahs iraniens ».

Car l’argument de notre « serial-menteuse » a eu un énorme succès. Pascal Bruckner l’a repris dans un article pour Libération (« L’invention de l’islamophobie », Libération du 23/11/2010), Eric Zemmour l’a répété plusieurs fois (notamment dans sa chronique pour RTL du 4/11/2011), Martine Gozlan l’a repris également dans le journal Marianne (« C’est en 1979 que les mollahs iraniens (…) inventèrent ce terme », Marianne n°734, p. 134)… Rarement on aura vu autant de journaux dits « sérieux » reprendre la même contre-vérité sans la vérifier.
Caroline Fourest peut être fière d’une telle réussite.

Ces prières de rue qui poussent des français à s’exiler au Canada !

Une autre histoire rapportée par Caroline Fourest a connu un certain succès dans les milieux les plus islamophobes : des français rencontrés au Québec lui auraient affirmé que c’étaient les prières de rue qui les avaient poussés à quitter la France pour le Canada !

Vous n’aviez peut-être pas réalisé, mais apparemment trouver un logement dont l’accès n’est pas bloqué par une prière de rue musulmane est devenu un problème majeur en France, il y aurait une vraie pénurie.

Plus sérieusement, si Caroline Fourest a cru bon de rapporter cette histoire grotesque (relayée et diffusée sur Youtube par un allié de circonstance : le site d’extrême-droite Défrancisation), on en voit tout de suite la raison : nous alarmer, nous révolter et dramatiser la question de la présence musulmane en France, en prenant un phénomène ultra-marginal, et en l’amplifiant de manière démesurée grâce à une anecdote tombée du ciel.

La collaboration avec Caroline Fourest, une bonne école pour finir à l’extrême-droite

En mars 2012, deux membres actifs du site internet très lié à l’extrême-droite Riposte Laïque ont été condamnés en première instance par le Tribunal de Paris pour « provocation à la haine contre les musulmans ». Mais ces deux sinistres personnages ont un autre point commun.

Le premier d’entre eux, Pascal Hilout, a été un contributeur pour la revue de Caroline Fourest Prochoix. Il y a écrit un article pour le numéro 26-27, ironiquement le numéro intitulé « Islamophobes ?… ou simplement laïcs ! »… Pour Pascal Hilout, il semble que la Justice ait donné la réponse à cette question.

L’autre personne condamnée ce jour-là pour « provocation à la haine contre les musulmans » est un certain Pierre Cassen… qui a lui aussi collaboré avec Caroline Fourest. Caroline Fourest et Pierre Cassen ont même coécrit un texte ensemble, intitulé « Contre un nouvel obscurantisme », publié dans Libération le 28/04/2006.

Parmi les autres membres actifs de Riposte Laïque (organisateur notamment du fameux « apéro saucisson-pinard » avec le Bloc Identitaire), on trouve aussi Anne Zelensky… Attendez, ne me dîtes pas que… eh si !… elle aussi est une ancienne contributrice pour la revue de Caroline Fourest Prochoix ; elle y a coécrit un article dans le numéro 25. Décidément, les grands esprits se rencontrent.

Donc si par hasard vous aviez envie de devenir un membre éminent du site proche de l’extrême-droite Riposte Laïque, il semblerait que travailler avec Caroline Fourest ou sa revue Prochoix soient une excellente école.

Mais si Caroline Fourest a été liée à tous ces gens-là (elle s’en est détournée depuis, leurs liens avec l’extrême-droite devenant un peu trop flagrants), ce n’est peut-être qu’une malheureuse et malencontreuse coïncidence. Car Caroline Fourest nous assure qu’elle n’est pas islamophobe…. Et l’on a vu combien sa parole était digne de confiance.

Désolé, mais moi je ne la crois pas, je ne la crois plus… Pour toutes ces raisons, et tant d’autres encore, je suis convaincu que Caroline Fourest est bel et bien islamophobe.
Et tant pis si, en utilisant ce terme, je passe pour l’allié des fameux « mollahs iraniens ».

Cyril Lamiral

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