Crimes de guerre

Gaza: le consensus israélien à l’épreuve de paroles de soldats

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Plus de deux mois après l’offensive sans précédent en intensité menée par leur armée contre le Mouvement de la résistance islamique (Hamas) dans la bande de Gaza, les Israéliens découvrent une réalité différente de celle qui avait été dépeinte à la fin des combats et qui avait valu un satisfecit général aux militaires et à l’échelon politique.

Le bilan de l’offensive a tout d’abord été discuté par les éditorialistes israéliens, à commencer par Nahum Barnéa, du Yédioth Aharonoth. Alors que les objectifs officiels des combats étaient de mettre un terme aux tirs de roquettes palestiniennes sur les localités et les villes israéliennes périphériques, ces tirs n’ont pas cessé pendant et après l’arrêt des combats, pas plus, semble-t-il, que la contrebande d’armes en provenance d’Egypte. Par ailleurs, le Hamas n’a pas pâti de cette phase armée: ses pertes ont été limitées et sa mainmise sur Gaza n’a pas été remise en cause.

Le Haaretz a porté jeudi 19 novembre un coup sévère au discours officiel vantant le comportement des militaires pendant l’offensive en publiant une enquête de son correspondant militaire, Amos Harel, faisant état de crimes de guerre caractérisés pendant les opérations. Des élèves l’école préparatoire au service militaire (“mechina”) Yitzhak Rabin d’Oranim, ont en effet rapporté des témoignages éclairants, collectés par un enseignant, Danny Zamir, qui ont aussitôt obligé l’armée à annoncer l’ouverture d’une enquête.

Ces révélations qui ont alimenté un éditorial cinglant du Haaretz ne sont guère surprenantes pour qui a pu lire les témoignages de Palestiniens de Gaza publiés (ici) sur le site du Centre palestinien des droits de l’homme (PCHR) comme () sur celui de l’organisation de défense des droits de l’homme israélienne B’tselem.

Cette dernière a d’ailleurs aussitôt invité le procureur général de l’Etat à ne pas “blanchir” l’armée, considérant que les révélations ne représentaient que “le sommet d’un iceberg”. Une autre organisation non gouvernementale israélienne, Breaking the silence, annonce la prochaine publication de témoignages similaires qui selon elle traduisent “un courant représentatif du comportement des soldats”. Elle avait été la première à publier des témoignages de soldats stationnés dans le quartier sous contrôle israélien de la ville de Hébron.

Le Haaretz qui avait demandé une enquête israélienne pour faire la lumière sur les accusations de crimes de guerre lancées contre Israël pendant et après la fin des combats, a annoncé la publication de nouveaux témoignages vendredi. Il sera intéressant de voir si un débat s’ouvre alors dans une opinion publique qui avait massivement soutenu l’opération de Gaza.

Gilles Paris

SOURCE : Guerre ou Paix

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