Samedi 26 novembre de 9 à 17h, dans la grande salle de la Bourse du travail de Paris, à République 3 rue du Château d’eau.

Contre la guerre extérieure, contre la guerre intérieure

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La guerre est une donnée essentielle de la période que nous traversons. Les gouvernements successifs en France des 15 dernières années ont mené une politique de guerre continue : interventions au Mali, en Centrafrique, en Libye, en Syrie, en Irak, pour ne citer que les derniers exemples en date. Mais après le 7 et 9 janvier, après le 13 novembre, une page s’est ouverte : des attentats ont été perpétrés en France au nom de l’organisation État islamique. On peut bel et bien parler d’un funeste effet boomerang. Mais on ne saurait comprendre ces gestes meurtriers en les réduisant à des « représailles » aux guerres que le gouvernement mène à l’extérieur. La tragédie de janvier et novembre 2015 s’explique aussi par une guerre civile rampante, menée elle aussi par l’État et ses appareils idéologiques – police, médias, tribunaux – contre Arabes, Noirs, musulmans, Rroms.

La conjoncture internationale redouble cette centralité de la guerre contre le Sud global, à l’intérieur comme à l’extérieur des pays, dans une modalité civile aussi bien que militaire. Avec Donald Trump à la tête des gendarmes du monde, de l’État le plus riche et le plus puissant, la guerre (civile et militaire) a de beaux jours devant elle. Quant aux primaires des Républicains et la probable victoire de François Fillon, elles présagent rien de mieux.

C’est pourquoi résister à la guerre est devenu une exigence essentielle de la séquence qui s’ouvre. La guerre est présente dans l’accélération de l’offensive répressive contre les musulmans, avec l’État d’urgence, les perquisitions à domicile, la tentative de museler et de contrôler les imams. L’interdiction sécuritaire des manifestations, que ce soit celles contre l’agression israélienne à Gaza, ou celles qui réclament le retrait de la Loi travail, s’inscrit dans une logique ancienne, coloniale, de l’état d’exception, que les socialistes avaient déjà usée jusqu’à la corde face à l’insurrection algérienne sous Guy Mollet et Mitterrand. En outre, les soi-disant forces de sécurité ont vu leur entraînement, leur équipement et leur mode d’opération s’aligner sur la tactique de contre-insurrection – que l’on se souvienne des émeutes de 2005, de Villiers-le-Bel, et que l’on observe les agissements quotidiens des unités anti-criminalité, des BST, des CRS dans les quartiers populaires, ou encore l’usage immodéré de grenades et flashball dans les ZAD, dans les rues de Nantes, ou au printemps dernier dans les rues de Paris.

Dans cette perspective, nous appelons toutes les forces de l’antiracisme politique à se joindre à l’initiative du forum anti-guerre organisé le 26 novembre prochain, intitulé : « Bilan de l’état d’urgence et instrumentalisation de la guerre contre le terrorisme ». Cet événement représente une occasion importante pour déployer un front large, élaborer une stratégie commune, pour la période des présidentielles et celle qui suivra les élections – dont il faut souligner que, quel qu’en soit le résultat, ses augures s’annoncent mauvais, et ses retombées réactionnaires ne se sont pas faites attendre. Ce qu’il nous faut aujourd’hui, c’est bien un cadre collectif pour riposter à la guerre civile rampante, à l’arrogance de l’impérialisme français et aux mauvais coups du gouvernement actuel et de celui qui sortira du guêpier électoral.

PIR

 

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