Deuil

Aubrac et Ben Bella : la France perd deux de ses libérateurs

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« Pour nous il est essentiel que l’on nous laisse notre Allah et nous sommes prêts à aller plus vite que n’importe quelle révolution socialiste »

C’est cette profession de foi que nous retiendrons d’Ahmed Ben Bella qui vient de disparaître, 50 ans après l’indépendance de son pays.

Répliquant en 1963 à certains leaders du Tiers-Monde se réclamant du communisme, le premier président de la république algérienne indépendante annonçait par là son intention comme il le disait « de construire le socialisme dans l’Islam. » Plus qu’anticolonialiste, cette orientation faisait déjà de lui un militant décolonial.

Avec d’autres dirigeants du Tiers-Monde comme Gamal Abdel Nasser, Modibo Keita, Kwamé N’krumah, Joseph Tito, Sukarno, Che Guevara, il fut l’une des figures majeures du réveil des peuples dominés en lutte contre l’impérialisme, regroupés au sein du Mouvement des non-alignés.

Le hasard fait que la France dans le même temps célèbre un autre éminent résistant qui, lui aussi, vient de s’éteindre. Raymond Aubrac. Elle devrait en faire de même pour Ben Bella. L’œuvre de celui-ci n’appartient pas aux seuls Algériens. Il fait partie de l’histoire de France comme en font partie tous les autres leaders anticolonialistes.

En effet, par la victoire de la révolution algérienne à laquelle il a activement participé, il n’a pas fait que libérer son pays. Par leur détermination, leur courage et leur opiniâtreté, lui et les autres moudjahidines algériens auront contribué à libérer l’Algérie de la France mais ont, dans le même temps, entamé le processus de décolonisation toujours d’actualité de la république française et de ses institutions. A ce titre, Ben Bella, mérite bien tous les honneurs qui ont été réservés à Aubrac.

Le PIR
12 avril 2012

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