Depuis près de 3 semaines, une situation d’une gravité exceptionnelle se déroule dans un silence inquiétant : la mosquée Al-Aqsa, première Qibla des musulmans et sanctuaire sacré de la Oumma islamique, est interdite à ses fidèles.
Alors que Al-Quds est sous pression constante et que la tragédie à Gaza se poursuit dans l’indifférence, les autorités coloniales israéliennes accélèrent la mise sous contrôle des lieux saints, musulmans comme chrétiens. Ce processus s’inscrit dans une dynamique plus large de dépossession et d’effacement progressif de la présence palestinienne à Al-Quds. Il ne s’agit pas seulement d’une dépossession matérielle, mais aussi d’une tentative de rupture entre un peuple, son histoire et ce qui fonde le sens même de son existence.
La mosquée Al-Aqsa est le symbole de la résistance éthique et politique des Palestiniens. Depuis des décennies, elle est menacée par les fantasmes de reconstruction d’un « troisième temple », qui viendrait couronner les efforts pour consolider définitivement le contrôle colonial sur Al-Quds.
Sans relâche, les Palestiniens et Palestiniennes témoignent de leur sumud et de leur attachement à Al-Aqsa. Chaque soir, des jeunes se rassemblent aux abords de la mosquée, après que les autorités israéliennes ont drastiquement restreint l’accès à l’esplanade des Mosquées pendant le mois de Ramadan. Privés d’entrée, les fidèles prient devant les portes de la Vieille Ville, étendant leurs tapis sur les trottoirs pour les prières du Maghrib, de l’Isha et des Tarawih. Ces scènes de résistance, imposant le respect, prennent tout leur sens dans le contexte des restrictions plus larges imposées à Al-Quds.
Al-Aqsa est une Amana : un dépôt confié. Les Palestiniens en sont les dépositaires, porteurs d’un lien vivant à la terre, fondé sur la responsabilité plutôt que sur la possession. Face à une logique qui cherche à transformer la Terre en objet et à rompre le lien éthique et historique qui l’habite, ils incarnent la continuité de ce lien et de cette responsabilité.
Ces prières, particulièrement celle des jeunes si braves et intelligents, devant des portes closes résonnent autrement encore, faisant écho à la bravoure et à l’intelligence des peuples de la région qui affrontent, avec détermination, la barbarie du système colonial et ses guerres.
De Al-Quds à la guerre d’agression contre l’Iran et le Liban, c’est la même logique coloniale qui s’impose, dans toute sa brutalité, et qui cherche à accélérer l’histoire. Elle ne fait qu’accélérer la venue de sa fin.
En ce dernier jour de Ramadan, nos prières s’élèvent pour la libération ultime d’Al-Aqsa, de la Palestine et l’ensemble des peuples qui luttent contre l’arrogance coloniale. Notre Aïd est incomplet sans la libération d’Al Aqsa.
Al-Aqsa vivra ! Gaza vivra ! La Palestine vaincra !
PIR







