Alors même que le génocide à Gaza se poursuit malgré l’écran de fumée d’un prétendu « cessez-le-feu », et que l’Etat colonial d’Israel continue sa fuite en avant meurtrière contre tous les peuples de la région, les procès et condamnations en « apologie du terrorisme » continuent de se multiplier en France.
Aujourd’hui c’est notre frère Anasse Kazib de Révolution Permanente qui repasse devant le tribunal pour avoir, comme il est du devoir de chacun, dénoncé le génocide en Palestine et affirmé son soutien à la résistance légitime du peuple Palestinien martyr.
La poursuite de cette répression politique indigne, alors que la vérité coloniale génocidaire du régime sioniste en Palestine est offerte aux yeux du monde entier, constitue une contribution directe du pouvoir français à la répression coloniale anti-palestinienne.
Omar Al Soumi, Ramy Shaath, Salah Hamouri. Après avoir menacé l’organisation de dissolution, on menace directement les Palestiniens co-fondateurs d’Urgence Palestine, dans le cadre d’une inquisition tentant de présenter les solidarités que nous avons patiemment tissées dans la lutte sous les traits d’une association de malfaiteurs à caractère terroriste, en s’appuyant sur l’ensemble des dispositifs islamophobes et anti-immigration développés par l’Etat français. Il s’agit de transformer les liens politiques, affectifs et militants tissés dans la lutte en preuves à charge.
L’islamité des musulmans les plus politiquement affirmés, comme notre frère Elias d’Imzalène, l’imam Ismail ou Abdourrahmane Ridouane devient dans le cadre des tribunaux un argument pour disqualifier leur parole et déformer leurs propos.
Nicolas Shahshahani et Olivia Zemmor d’Europalestine, Yanis Arab, Teba, François Burgat, Ismael Boudjekada, la députée Rima Hassan. La liste de ceux qui comparaîtront ou recomparaitront devant les juges entre aujourd’hui et l’année prochaine est longue, très longue.
A la suite d’un signalement au procureur par le ministre de l’intérieur datant d’octobre 2023, le Parti des Indigènes de la République passera lui aussi le 26 Novembre 2026 devant le Tribunal Judiciaire de Paris pour « apologie du terrorisme », comme Anasse aujourd’hui, comme nous tous, inculpés pour ce que nous devons revendiquer comme une apologie de la libération.
Le délit « d’apologie du terrorisme » institué en 2014 est devenu l’instrument d’une politique raciste et coloniale visant à criminaliser et épuiser par des procédures judiciaires tous ceux qui se dressent contre le génocide toujours en cours en Palestine. La catégorie du « terrorisme » permet d’ancrer la violence politique des colonisés et leur résistance dans un système d’interprétation raciste, et de donner une caution morale à la répression, en invisibilisant le crime génocidaire flagrant qui se commet sous nos yeux.
La séquence ouverte par le 7 octobre a vu le déshonneur final de l’antiracisme immoral français, qui apparaît désormais pour ce qu’il est : un instrument de protection des frontières du consensus colonial. Dans la France d’aujourd’hui, des organisations soutenant explicitement un projet colonial de nature génocidaire peuvent se constituer parties civiles au nom de la lutte contre le racisme, tandis que ceux qui luttent quotidiennement contre lui se trouvent mis sur le banc des accusés. La lutte contre les génocides d’hier et d’aujourd’hui mérite mieux que cela.
Par tous les moyens, on cherche à nous forcer à condamner la résistance légitime du peuple palestinien. Mais la condamner, c’est condamner notre résistance actuelle et future face à un pouvoir raciste, colonial et impérial de plus en plus autoritaire qui partout en Occident s’est lancé dans sa lutte finale, aux côtés de l’État colonial d’Israël. Notre résistance est légitime. Notre résistance est nécessaire.
La criminalisation des soutiens à la Palestine, du Nord global à certains pays du Sud, est une conséquence directe de la volonté des pouvoirs en place de détruire le mouvement mondial de soutien au peuple palestinien, à l’image des militants de Palestine Action en Angleterre.
La liste des inculpés est longue, car nous sommes nombreux. Nous avons tout autant de rendez-vous, jusqu’à l’année prochaine pour continuer de tisser nos résistances et poursuivre la mobilisation. Chaque convocation, chaque procès, chaque gel d’avoirs, chaque tentative de dissolution témoigne moins de notre faiblesse que de la difficulté croissante du pouvoir à briser nos solidarités et à étouffer notre mobilisation.
Soutien inconditionnel à Anasse Kazib et son camarade de Révolution Permanente face à la répression des complices du génocide !
Abandon de toutes les poursuites contre les apologistes de la libération !
Rendez-nous nos avoirs gelés !
Soutien à tous les réprimés !
Tahya falastine !
PIR







