Soutien à Ramy Shaath et tous les militants palestiniens face aux menaces de l’Etat Français

L’aggravation des attaques et menaces contre notre frère Ramy Shaath, depuis un mois l’objet d’une procédure d’expulsion pour « menace grave à l’ordre public » participe de la logique visant à dévitaliser et criminaliser le mouvement de soutien au peuple palestinien en France. Ces menaces s’inscrivent dans le sillage de celles pesant sur Urgence Palestine et les militants palestiniens, illustrées par les poursuites contre Omar Alsoumi et l’incarcération d’Ali, depuis près de deux ans en détention provisoire.

Ramy Shaath a remporté une première manche, en obtenant un avis défavorable à son expulsion par la commission départementale chargée d’émettre un avis, qui a reconnu que cette mesure violerait son droit au respect de la vie privée ainsi que son droit à la liberté d’expression. Si cet avis n’est que consultatif, l’État français se voit momentanément contrarié dans sa visée de déportation.

En attente de la décision de la préfécture, nous devons continuer à nous opposer à cette tentative d’envoyer notre frère Ramy Shaath soit dans les geôles israéliennes, où il risquerait d’être kidnappé et torturé, soit dans le no man’s land administratif français hérité du colonialisme, prenant le nom d’« assignation à résidence » et dont la durée pourrait être illimitée, comme le rappelle le cas de notre cher frère Kamel Daoudi, le plus ancien assigné à résidence de France.

L’exécution de la menace qui pèse aujourd’hui sur lui constituerait un nouveau gage donné par l’État français à l’État colonial d’Israël et aux États-Unis dans leur projet de neutralisation de la Palestine. En Égypte, Ramy Shaath fut l’une des figures engagées du soulèvement de 2011 contre le régime de Hosni Moubarak. Il a également joué un rôle central dans l’organisation de la section égyptienne du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël. Il a également été emprisonné dans les geôles du régime d’Abdel Fattah al-Sissi. Son parcours s’inscrit dans une continuité de combats pour la libération des peuples, contre le colonialisme et l’autoritarisme. C’est aussi cette trajectoire militante qui permet de comprendre l’acharnement politique dont il fait aujourd’hui l’objet.

La responsabilité du mouvement de soutien à la Palestine, dans toute sa diversité, est de défendre la présence politique, la force de conviction et la continuité de l’action de la lutte palestinienne pour la libération en France, dont l’ancrage et la détermination inquiètent manifestement les partisans du colonialisme.

La lutte palestinienne pour la libération continue, malgré toutes les entraves, à rassembler autour d’elle les forces sociales et politiques qui refusent de voir en Gaza « l’archive de notre futur ». Aucun durcissement, aucune menace, aucune répression ne pourra entraver cette force collective qui, depuis plus de deux ans, a déjà mis en échec le projet visant à faire taire les aspirations à la libération du peuple palestinien et de tous les peuples confrontés au colonialisme et à la suprématie blanche.

Alors, résistons, faisons front. Exigeons l’abandon de cette procédure raciste d’expulsion, l’abandon de toutes les poursuites engagées contre les soutiens de la libération du peuple palestinien, et la libération de tous nos prisonniers politiques.

Ils le savent et nous le savons : la Palestine vaincra, et sa victoire sera la nôtre.

PIR

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