Tuerie islamophobe et négrophobe de Trappes et La Verrière : communiqué du PIR

Le PIR adresse toutes ses pensées aux familles et proches des victimes de la terrible attaque raciste, islamophobe et négrophobe à Trappes et à La Verrière qui a fait un mort, Pengo Bossio Wangi, paix à son âme, et fait cinq blessés graves, dont une jeune fille de 12 ans, portant le Hijab, criblée de 8 balles dans le corps. 

Trappes, ville symbole déjà érigée par les fractions les plus dures du racisme français en territoire ennemi de l’intérieur, où l’existence postcoloniale et musulmane est désignée comme une menace à discipliner ou à effacer, est sous le choc de ce qui aurait pu être un massacre de masse. L’attaque est survenue un vendredi, jour béni du Joumou‘a, moment de rassemblement communautaire et de renouvellement de la responsabilité éthique musulmane. 

Le même gouvernement qui a lancé une vaste campagne raciste de criminalisation de la jeunesse de l’immigration fait mine aujourd’hui de s’indigner d’un feu qu’il alimente sans scrupules chaque jour. L’État français déploie contre notre jeunesse tous ses dispositifs coloniaux de répression, et traite sa spectaculaire irruption sur la scène politique comme une apocalypse raciale. Notre jeunesse est traînée dans la boue dans les médias et devant les tribunaux, des couvre-feux sont instaurés, on promet des déchéances des droits civiques, et on voudrait nous faire croire que tout cela n’a rien à voir.

Les dispositifs racistes ne sont pas que des discours, ils ont des conséquences réelles. Aujourd’hui, comme hier déjà, un des « citoyens légitimes » de la République a pris les armes pour éliminer ceux que le champ politique et médiatique dominant désignent comme la menace principale pesant sur la société : le péril sécuritaire et civilisationnel incarné par la présence Africaine, Musulmane et Immigrée en France. 

Aboubakar Cissé, assassiné de 57 coups de couteau le jour du Joumoua, dans la mosquée de La Grand-Combe. Hichem Miraoui, abattu par son voisin de cinq balles dans le corps parce que musulman. Allah y rahmhoum. Nos morts ne sont pas des faits divers, ce sont des faits structurels, et structurants. 

A chaque fois, on pointe d’abord l’acte d’un « déséquilibré », d’une personne en situation de marginalité, en tentant de dédouaner l’ordre social qui conditionne son action. A chaque fois, il nous faut répéter que la mentalité d’assiégé qui mène à ce type de passage à l’acte n’est pas le produit de l’hallucination d’un cerveau désigné commodément comme malade. Cette mentalité est aujourd’hui la misérable subjectivité politique qui s’est imposée dans le débat public. On s’inquiète hypocritement de la montée de l’extrême droite, qui n’est que la conséquence de cette logique constante de surenchère adoptée par un pouvoir brutal, de plus en plus illégitime et anxieux, dont le racisme est la grammaire structurante. 

Les condoléances d’un pouvoir irresponsable et complice ne valent rien. Ce n’est pas seulement l’extrême droite qui tue, mais aussi les discours victimaires sur la France, l’Ordre, la Laïcité et la République menacés par un péril qui a invariablement notre visage. Ces récits sont de plus en plus hégémoniques et amplifiés par les médias. 

Le péril n’est pas formulé que par des discours. Il est inscrit dans le dur et est fait loi. On le trouve dans toutes les lois islamophobes, toutes les lois sécuritaires et antiterroristes, dans le régime français de la préférence nationale et raciale, dans la chasse aux sans papiers, dans les circulaires, dans les directives, à l’école, à l’hôpital, au tribunal, au travail, en prison et dans les mécanismes mêmes qui régissent nos vies. 

Nous exprimons nos sincères condoléances à la famille endeuillée de Pengo Bossio Wangi, et nos pensées aux blessés et à leurs familles. Qu’elles soient assurées qu’elles pourront compter sur toutes les ressources de notre camp politique pour obtenir justice pour nos morts et nos blessés, contre tous les dispositifs qui autorisent notre mise à mort, contre la violence coloniale institutionnalisée, et contre toutes les lois qui font chaque jour de nous et de nos enfants les cibles de tueurs racistes.

Nous appelons à rejoindre massivement les mobilisations qui auront lieu à Trappes et partout en France. Face à la terreur raciste, organisons notre riposte collective !

PIR

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