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Vers une reconnaissance nationale des injustices commises envers les travailleurs indochinois de la Seconde guerre mondiale

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Après 70 ans de silence, l’Etat français pourrait enfin reconnaitre le tort qu’il a fait subir aux 20 000 paysans vietnamiens recrutés la plupart de force au Vietnam en 1939, emmenés en France en fond de cales de bateaux, parqués dans des camps, utilisés comme main d’œuvre dans des ateliers d’armement, puis dans tous les secteurs de l’économie française, sans que jamais aucun salaire leur soit versé. Ce scandale dura jusqu’en 1948, et même au-delà pour certains. Les derniers d’entre eux ne purent revoir leur pays qu’en 1952, après 13 années d’exil forcé. Un millier restèrent en France, et y fondèrent une famille.

Le 10 octobre 2011, lors d’une cérémonie en hommage aux travailleurs indochinois, le maire de Miramas (Bouches-du-Rhône) Frédéric Vigouroux s’était publiquement engagé à « saisir tous les parlementaires de notre Département, députés et sénateurs, du sort injuste de ces travailleurs pour que leur dignité leur soit rendue et pour qu’une juste indemnisation soit apportée à leurs familles ».

Mardi 29 novembre 2011, le député Michel Vauzelle, par ailleurs président de la région PACA, a déposé une question écrite (question n° 47-00538) auprès du Premier ministre afin de connaître « quelles mesures il compte prendre afin que la France reconnaisse les injustices commises envers ces travailleurs d’Indochine ».

Pour accéder au texte complet de la question :

http://michel-vauzelle.fr/question-au-gouvernement/travailleurs-indochinois

La réponse du Gouvernement sera disponible sur le site :

http://recherche2.assemblee-nationale.fr/resultats_tribun-utf8.jsp

Mercredi 30 novembre, Roland POVINELLI, Sénateur Maire d’Allauch, a déposé de son côté une question écrite au Sénat à l’attention du Ministre des anciens combattants sur le sort réservé aux travailleurs indochinois durant la seconde guerre Mondiale. Il lui demande « de bien vouloir envisager la reconnaissance officielle de ce drame de l’histoire coloniale et la juste indemnisation des familles de ces travailleurs ».

Le 10 décembre 2009, le maire d’Arles Hervé SCHIAVETTI avait organisé une cérémonie d’hommage aux travailleurs indochinois, dont 1500 avaient été envoyés en Camargue, certains dans les salines, d’autres pour la relance de la riziculture.

Le 30 novembre 2011, la mairie de Toulouse a remis la médaille de la ville à deux des tout derniers travailleurs indochinois internés dans des camps situés sur sa commune, entre 1939 et 1945.

Pour plus d’informations sur l’histoire des travailleurs indochinois de la Seconde guerre mondiale : www.travailleurs-indochinois.org

Pierre Daum

auteur de Immigrés de force, les travailleurs indochinois en France (1939-1952), Actes Sud 2009

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