Valls, Hollande : de quelle importation parlez-vous ?

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Hollande et sa clique voudraient faire croire à l’importation d’un « conflit » de type religieux et communautaire entre arabes et juifs sur le territoire français et à son devoir républicain de l’empêcher, au nom du « vivre ensemble ». Voilà la version officielle. La réalité est toute autre: un État raciste soutient un autre État raciste dans sa politique coloniale, au nom des mêmes principes qui font que la vie d’un palestinien, à Gaza, ne vaille rien et qu’une manifestation de bicots, en France, doive être interdite.

L’État français et la République sont donc parties prenantes dans cette histoire et aucunement garants de cette chose qu’ils appellent le « vivre ensemble » et qui sent aussi mauvais que l’évocation de la « paix » en Palestine. La France est partie prenante, dès lors qu’elle soutient les crimes d’Israël et les organisations sionistes sur son territoire. Elle est également partie prenante, dans la mesure où ce soutien renvoie à sa propre histoire et réalité impérialistes, où le sioniste se reconnaît pleinement, en dépit du sombre passé et subtil présent de l’antisémitisme français. Nul besoin d’un « lobby juif » surpuissant pour expliquer pourquoi le gouvernement d’Hollande rampe devant l’extrême-droite sioniste: une affinité « naturelle » (raciale, civilisationnelle, coloniale) et des choix politiques qu’il faut situer au sein des solidarités et rapports de force internes à l’impérialisme. Bref, voilà le vrai visage de la France, nulle trahison à sa vocation: sa brutale réalisation! Quand Valls affirme « S’en prendre à un juif c’est s’attaquer à la France », il faut traduire : « S’en prendre à Israël, c’est s’attaquer à la France », non telle qu’elle se présente dans ses mythes, mais telle qu’elle est réellement! Contre cette vocation impérialiste, l’engagement en faveur de la résistance palestinienne prend un sens décolonial – situé et universel en ce sens – et ne rentre bien entendu pas dans les catégories républicaines de l’État français: citoyenneté abstraite et communautarisme fantasmé (dont cet État est le premier pourvoyeur). La lutte décoloniale engage la libération palestinienne autant que la promesse d’une autre France. En synthèse, le soutien de la France à Israël et le traitement interne des populations d’origine coloniale, la cause palestinienne et les combats indigènes en France sont reliés : rien n’est importé !

PIR

sacrée coeur

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