Film

Une petite leçon d’histoire…

arton1030

Paris, un vendredi après-midi ensoleillé de juin, alors que la majorité des gens sont à la terrasse des cafés ou devant leur écran à regarder l’un des matchs de la Coupe du monde, je me rends dans une salle de cinéma ayant le privilège de voir avant tout le monde le dernier film de Rachid Bouchareb. « Hors-la-loi », le titre sonne à merveille pour un film de gangsters mais là n’est pas le thème de cette œuvre ; alors pourquoi ce titre ?

Tout commence avec l’expropriation illégale d’une famille avec 3 jeunes enfants en Algérie dite française à cette époque. Adultes, les deux plus jeunes frères assistent au massacre de Sétif, l’aîné étant sur le front en Indochine, villes éloignées et dont les événements forgeront leur destin.
Confortablement installée dans mon siège, mon cœur s’emballe à la vue des cadavres qui jonchent le sol et je ne peux empêcher une larme rebelle d’humanité de glisser de mon œil. Ces images me parlent d’hier et d’aujourd’hui, de morts pour ce mot que l’on dépouille de son sens le plus noble et qui n’est autre que « Liberté ».

Je sais enfin qui sont les « hors-la-loi » du film, ce sont ces Algériens morts pour la libération de leur pays, ce jeune Algérien abattu à Sétif pour avoir osé brandir le drapeau algérien, ces Algériens guillotinés, fusillés, battus à mort et jetés dans la Seine tout au long de leur combat pour libérer leur pays du joug de l’occupant français.

Mes doigts s’emballent sur mon clavier, les mots se bousculent dans ma tête, je parle d’Algériens injustement tués alors qu’à cette époque il ne s’agissait que de simples indigènes, d’anonymes, de colonisés qui par définition étaient considérés comme inférieurs. Je leur confère une humanité qu’ils n’avaient pas à l’époque, qu’on leur déniait, que je n’aurai pas eut non plus et pourtant…
La résistance à l’occupation n’a pas de couleur, d’origine ethnique qui lui conférerait une supériorité ou une légitimité que l’on renierait à d’autres. Comme le colonisateur n’a pas de « permis de tuer » sous pulsion de haine ou de supériorité.

Ce film retrace une histoire, celle de l’indépendance de l’Algérie acquise dans la douleur et les larmes, grâce aux sacrifices de nombreuses vies et le parallèle avec d’autres luttes actuelles est inhérent.

Ce film que je ne raconterai pas car il mérite d’être vu, et pour ma part je retournerai le voir, est riche de scènes cultes dont l’une nous propose de changer en vue du contexte historique de l’époque le rapport Français/Allemands par Algériens/Français. Une occupation entraîne une résistance, car un peuple « n’a qu’une liberté : la liberté de se battre pour conquérir la liberté ». Abdelkader ou Jean Moulin, deux personnes différentes au combat identique.

Nora Missaoui, membre du PIR

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