Iceberg

UE : 55% des immigrés Nord-Africains se disent victimes de discrimination

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Une enquête communautaire menée par l’Agence européenne des droits fondamentaux (FRA) publié le mercredi 22 avril révèle l’ampleur de la discrimination et des crimes racistes subis par les immigrés et les minorités ethniques au sein de l’Union européenne (UE), selon un communiqué de presse de la FRA.

Première du genre à l’échelle de l’Europe des vingt sept, l’enquête révèle selon le directeur de la FRA, Morten Kjaerum, « l’ampleur du fléau que sont le crime raciste et la discrimination dans l’UE. Les chiffres officiels du racisme ne montrent que la partie émergée de l’iceberg ». Ainsi, 55% des immigrés et membres de minorités interrogés par la FRA considèrent que la discrimination fondée sur l’origine ethnique est courante dans leur pays. Cependant comme on pouvait s’y attendre, la perception diffère d’un pays à l’autre. Plus de trois quarts (76%) des Nord-Africains (le Maroc, l’Algérie, l’Égypte, la Libye, le Soudan, et la Tunisie pour l’enquête) de Belgique trouvent que la discrimination sur base de l’origine ethnique est très répandue, selon l’agence « Belga ». La palme d’or revient à l’Italie (94%) suivie de la France (88%). Au milieu il y a les Pays-Bas avec 66%. L’Espagne avec 54% de réponses positives semble être le
pays où les immigrés issus de l’Afrique du Nord se sentent moins discriminés par rapport aux autres nations européennes.

À la question à savoir s’ils ont été victimes d’actes discriminatoires au cours des 12 derniers mois, ils sont 36% de Nord-Africains à répondre positivement. En faisant un classement de discrimination élevé par groupe et par régions, l’Italie se retrouve à nouveau être le pays le moins accueillant pour les Nord-Africains avec 52%. Le plus inquiétant est que 2% de tous les répondants ont fait l’objet d’un crime raciste au cours de la même période. Malheureusement ils sont aussi 80% à ne pas avoir signalé ces actes à la police. Cette situation de léthargie s’explique par plusieurs raisons. La majorité des répondants, qu’ils soient Nord-Africains ou autres ne sait pas s’adresser à une organisation de soutien et de conseils en cas de discrimination d’après les résultats de l’enquête. Une bonne partie (63%) juge aussi qu’il ne se passerait rien même en cas de plainte. En ce sens, Morten Kjaerum a lancé: « les victimes ont expliqué
au cours de l’enquête que porter plainte ne changerait rien, que cela arrivait tout le temps et que porter plainte pourrait leur nuire ».

La méthodologie de l’enquête était basée sur le face-à-face avec le même questionnaire pour tout le monde. Ainsi 23.500 immigrants et personnes issues de minorités ethniques ont été interrogés dans les 27 États membres de l’UE entre décembre 2007 et décembre 2008. En plus, les enquêteurs de la FRA ont interrogé 5.000 personnes vivant majoritairement dans les mêmes endroits que les minorités dans 10 États membres pour permettre la comparaison des résultats concernant certaines questions clés.

L’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (European union agency for fundamental rights) basée à Vienne en Autriche, a pour but de fournir à l’Union, une assistance et des compétences en matière de droits fondamentaux, de l’aider à prendre des mesures et à définir des actions appropriées. Seuls 11 États membres collectent des données de qualité et complètes sur les crimes racistes. Cette enquête selon ses commanditaires cherche à faire connaître aux décideurs politiques, le quotidien des minorités au sein de l’UE. Les résultats seront présentés à la Commission européenne.

Ibrahima Koné

SOURCE : Yabiladi.com

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