Honteux

Témoignage sur la collaboration ordinaire de la part d’agents de la sncf

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Monsieur B, ressortissant tunisien, part en voyage. Il a avec lui ses bagages, son ticket de train mais il est en retard et a peur de rater ce dernier, aussi au lieu d’essayer de se repérer dans les panneaux va-t-il directement vers les employés SNCF de la gare de Narbonne pour leur demander sur quel quai est son train. Pas de réponse. Monsieur B. ne s’attarde pas et commence à traverser les voies à pied, pour essayer de trouver son quai.

Les agents de la SNCF l’arrêtent et le verbalisent pour avoir traversé les voies, non sans quelques remarques à caractère raciste : « vous vous croyez à Kaboul ? » lui lancent-il. Pour prouver son identité, Monsieur B. sort son passeport et son ancien titre de séjour et les agents de la SNCF s’aperçoivent alors qu’il est en séjour irrégulier en France. Une fois l’amende remise, la SNCF aurait dû laisser repartir Monsieur B. mais ils le retiennent sur le quai et s’amusent même de sa situation. Lorsqu’il demande à prendre son train, les agents lui disent de ne pas s’inquiéter, qu’ils vont lui réserver « un voyage beaucoup plus confortable ». Sur ce, ils appellent la police et dénoncent Monsieur B. pour séjour irrégulier. Rapidement, cette dernière est sur place et arrête Monsieur B. avant de le placer en garde-à-vue.

La préfecture de l’Aude a entamé une procédure de reconduite à la frontière et a donc placé Monsieur B. au centre de rétention de Perpignan. Il arrive au CRA sans arrêté de reconduite ou autre, ni arrêté de placement en rétention. L’équipe de La Cimade présente dans ce centre, s’en étonne auprès de la préfecture de l’Aude qui affirme que Monsieur B. en a bien eu une copie. Celui-ci affirme que non et le centre de rétention lui, n’a pas la copie de ces documents pourtant indispensables pour placer un étranger en rétention. Présenté devant le juge des libertés et de la détention de Perpignan, Monsieur B. a vu sa rétention prolongée de 15 jours malgré toutes ces irrégularités dont le fait qu’il ait été arrêté dans une gare internationale, ce que la jurisprudence tant européenne que française considère comme illégal. Il a fait appel de cette décision ; l’audience se tiendra le jeudi 10 mars, à la cour d’appel de Montpellier.

L’équipe Cimade du centre de rétention de Perpignan

PS: c’était également du personnel de la SNCF qui a averti la police concernant des personnes ressemblant à des migrants clandestins voyageant bord du Nice Paris le mardi 1er mars, ce qui a permis l’arrestation de plusieurs d’entre eux.

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