Quand Le Monde éternue, la presse française s’enrhume

N’en Jetez plus ! Ça suffit. Qu’est-ce donc que ce vent de folie qui s’empare de l’éditocratie française ? À voir ce spectacle, aussi déroutant que finement délectable, à savoir regarder ces chéfaillons de pigistes se rouler au sol se griffant le visage tout en hurlant au scandale, au blasphème et au 11 septembre français, des questions se posent. Un Rafale s’est-il écrasé sur la tour Montparnasse ? Non ! La Tour Eiffel s’est-elle faite déboulonner avant de chuter comme un château de cartes ? Non plus ! Paris brule-t-il ? Pas plus !

L’objet du scandale ? Suite à un article publié dans le Monde, qui attaquait de manière aussi violente qu’épouvantablement bête et inique l’antiracisme politique et plus particulièrement le PIR – notamment à travers sa porte-parole Houria Bouteldja – plusieurs intellectuels, blancs, ont signé une tribune[1] – publiée dans le même journal – « contre la calomnie » et « [e]n soutien à Houria Bouteldja ».

Cette juste réponse, publiée le 19 juin 2017 en fin d’après-midi provoqua un fracas tchernobylesque (qui d’ailleurs, tout comme le fameux nuage, ne  traversa pas les frontières françaises). Dès le lendemain, en fin de matinée, les contres attaques fusèrent notamment de quelques universitaires et des bastions de l’éditocratie bien blanche et bien française. Dès le LENDEMAIN MATIN ! Je n’ose imaginer l’épouvantable nuit qu’on dut  passer ces pauvres bougres. Je m’attacherai plus à la forme qu’au fond,  mais ici la forme en dit long sur le fond. Pour ne citer que  quelques exemples :

Marianne, le journal mort mais encore en vie, tel un Dracula de pacotille, usa de ses dernières forces pour  publier un article afin de rassurer son auteur et lui signifier qu’il a raison de penser ce qu’il pense  (dur labeur en effet).

Le Figaro, lui, envoie une pigiste de second rang qui, telle une valkyrie à mi-chemin entre Charles Martel et Jeanne D’Arc, doit livrer bataille (avec un bataillon essentiellement constitués d’identitaires d’extrême-droite et de leurs bot tweeter. Plouf ! Trouvant cela insuffisant le journal lancera son second chien de garde en la personne de Laurent Bouvet, auteur de  L’Insécurité culturelle (tout un programme). Quelques éclats de rires plus tard c’est Robert Redeker (sic) qui, tout droit sortie de son bunker anti-nucléaire, profite de l’Aïd el Fitr pour prendre le relais de toutou de garde (re sic).

De son côté Causeur, qui s’obstine à ne pas imposer d’alcootest à ses chroniqueurs, laisse Elisabeth Levy (accompagnée d’Alain Finkielkraut)  aboyer dans ses colonnes offrant ainsi au slogan « boire ou conduire il faut choisir » la meilleure des illustrations.

Pour ne rien gâcher au spectacle, tel un matador revêtant son costume de superman, Manuel Valls envoie un message de soutien à l’auteur de l’inique article à l’origine de tout cela sur Twitter avec un effet qui prête à sourire. Si vous n’avez jamais eu l’occasion de voir de pétard mouillé jetez donc un coup d’œil à l’œuvre de l’ancien premier ministre, c’est confondant.

Mais il y a plus tragique encore. À l’heure où j’écris ces lignes Gilles Clavreul n’a toujours pas réagi. Nous nous faisons beaucoup de soucis pour lui.

Mais au fond pourquoi un tel vent de panique car c’est bien de cela qu’il s’agit ?

On peut en dénombrer au moins trois raisons :

  1. Le Monde, journal de référence, rompt avec la tradition voulant qu’on puisse calomnier les mouvements de l’antiracisme politique, et notamment le PIR ainsi que sa porte-parole Houria Bouteldja. Donc, pour les chiens de garde, soit l’ennemi a taillé une brèche dans la forteresse, soit les murs de la forteresse ne sont plus aussi solides qu’ils le pensaient et il faut bricoler un renforcement de la muraille avec tout ce qui leur  passe sous la main quitte à user d’un ancien ministre soupçonné de quitter discrètement sa mairie avec un lot d’urnes sous le manteau un jour élection.
  2. Des intellectuels blancs non seulement soutiennent Houria Bouteldja et les mouvements décoloniaux mais peuvent également répondre à une personne qui les attaquent ces mouvements politiques sur des bases fausses, biaisés et mensongères dans LE grand journal Le Monde. Hérésie! L’impensable s’est produit. C’est donc bien  la possible mise à mal d’un privilège et d’un gagne-pain de ces éditocrates en perte de raison et de sang-froid.
  3. Après tant d’efforts pour contenir l’émergence de la politique indigène, en posant un cordon sanitaire, en la diabolisant, les voilà qui observent leur cordon qui craque. Au début, ils criaient à l’islamogauchisme pour le rafistoler, mais voici que LE Monde publie  une réponse au cordon sanitaire  et à ses rafistolages. Leur panique, tous ses articles publiés dans l’urgence, ne sont qu’un énième rafistolage de ce cordon sanitaire qui doit isoler le champ politique indigène du reste de la société et d’éventuels alliés politiques. Ils sont tels des passagers du Titanic colmatant les fuites du bateau avec des gros bouts de Scotch.

 

Le Titanic était censé ne pas pouvoir couler, mais il coula dans un terrible effroi. La forteresse de nos ennemis était censé être à l’abri de nos assauts politiques, mais un mur de la forteresse se fissura, plongeant ainsi les habitants de la forteresse dans un terrible effroi, c’est à ce spectacle auquel nous assistons, la peur de puissants, ayant l’orgueil de l’invincibilité, qui apprennent qu’ils ne le sont plus.

 

Atman Zerkaoui, membre du PIR

 

[1] http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/06/19/vers-l-emancipation-contre-la-calomnie-en-soutien-a-houria-bouteldja-et-a-l-antiracisme-politique_5147623_3232.html

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