Comédie

Procès BDS à la cour d’appel de Paris : une mascarade

arton1614

La mascarade, le mensonge et l’hypocrisie ont été une fois de plus de sortie ce jeudi à la cour d’Appel de Paris où Olivia Zémor comparaissait seule pour avoir publié sur le site www.europalestine.com une vidéo d’une action de boycott au Carrefour d’Evry réalisée le 4 juillet 2009 par une dizaine d’organisations.

Les 4 avocats des parties civiles ont répété à l’envi leur rengaine sur la « grande démocratie israélienne » que l’on voudrait « déligitimer » en osant parler d’apartheid, ainsi que sur « le terrorisme du Hamas » (merci prononcer (KHamas comme MM. Goldnadel and Co, qui n’ont prononcé le mot qu’une petite centaine de fois).

Ils ont été « offusqués », « heurtés » par la « mise en scène imposée aux clients du magasin Carrefour » (voilà que les officines israéliennes sont désormais les représentants des consommateurs !).

Mise en scène, où des militants après avoir dansé, s’allongent sur le sol et se recouvrent de draps tachés de ketchup pour figurer les morts et les blessés palestiniens, quelques mois après les massacres de Gaza, que l’on voudrait faire passer par pertes et profits.

Ceux-là mêmes qui approuvent les bombardements de populations civiles au Liban et à Gaza, qui les ont réclamés sur la Libye et qui voudraient que l’Iran en soit à son tour victime, prétendent trouver discriminantes les actions non violentes de boycott.

Ils réclament donc à cors et à cri la condamnation des militants qui osent appeler au boycott de « l’Etat juif », comme ils aiment à le répéter pour que les juges fassent un trait d’égalité entre boycott d’israël et boycott des juifs. Bref, les juifs sont les victimes. Exit les Palestiniens.

L’occupation et la colonisation n’existent pas. D’ailleurs on se demande bien où elles pourraient avoir lieu, puisque les parties civiles, tout comme Netanyahou et Lieberman ne reconnaissent pas de frontières à Israel.

Les supporters de la colonisation israélienne ont préconisé, sans rire, que nous puissions discuter de la politique israélienne dans « des salles de conférences » (sic) mais pas dans des magasins !

Face à des plaidoiries d’un niveau toujours aussi affligeant (pourquoi se donner du mal quand tout repose en réalité sur la pression politique que l’on fait peser sur les magistrats ?), les remarquables témoignages de la députée européenne Nicole Kiil-Nielsen et de la militante israélienne Leehee Rothschild ont remis les pendules à l’heure, l’une et l’autre sachant de quoi elles parlaient concernant les vraies discriminations, celles que subissent les Palestiniens, tout comme le refus obstiné de nos dirigeants de sanctionner la puissance occupante, pour faire cesser ces persécutions et ce nettoyage ethnique vieux de plus de 60 ans.

Nos avocats Me Dominique Cochain et Me Antoine Comte ont été brillants, démontant point par point le réquisitoire de la procureure qui a estimé qu’Olivia Zémor s’était rendu coupable de « discrimination envers des personnes », en l’occurrence les « producteurs israéliens » des jus de fruits, oranges et autres produits que la vidéo appelle à boycotter.

Passant outre le fait que tous les appels au boycott d’autres pays par diverses personnalités soient autorisés en France, la représentante du procureur général a justifié le fait qu’Olivia Zémor soit la seule inculpée, alors que cette vidéo a été réalisée et publiée par d’autres organisations, en déclarant : « il est connu que son association joue en France un rôle leader en matière de boycott d’Israël ». Un aveu incroyable, n’ayant pas beaucoup de rapport avec le droit, mais traduisant bien une volonté politique : coupons la tête et le reste suivra !

Tous les magistrats ne peuvent avoir le courage et l’indépendance de Mme Anne de Fontette, qui a refusé de requérir une peine contre Olivia Zémor en première instance, lors du procès du 17 juin dernier, devant la 17ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Jeudi, la magistrate qui représentait le gouvernement a obéi aux ordres de sa hiérarchie, et requis contre la présidente d’EuroPalestine une amende de 1000 euros, peine bien incohérente si l’on estime sincèrement que l’action représentée dans la vidéo constituait une discrimination raciste.
Mais qui parle de sincérité ici ?

Les juges rendront leur décision le 24 mai prochain.

Et d’ici là nous serons massivement présents le 15 mars au tribunal de Bobigny pour dire à quel point nous sommes déterminés à poursuivre ce combat pour la justice et contre l’anéantissement d’un peuple. L’intimidation, les menaces, la répression n’ont aucun effet sur nous.

Nous vous appelons à venir très nombreux ce jeudi (M° Pablo Picasso, terminal de la ligne 5) pour dénoncer un gouvernement et une justice aux ordres de l’occupant israélien, et pour défendre Maha, Olivia et Mohamed.

CAPJPO-EuroPalestine

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