Chasse à l'immigré

Parole du Ministère : « Renvoyons-les grandir là-bas ! »

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Depuis quelques jours, et plus particulièrement le 1er avril, une vague d’arrestations a frappé des familles et jeunes majeurs, connus – ou pas – du Réseau. Une journée noire où la chasse aux sans-papiers est érigée en but ultime d’une politique prêt-à-penser alliant « fermeté » et « humanité ».

Vous l’aurez compris, la façon de célébrer le 1er avril de Monsieur Besson et de ses préfets aux ordres est d’un comique tragique. Les pitres ne rient pas et leurs victimes, celles et ceux qui ont été arrêtés mais aussi leur proches et leurs enfants sont rongés d’inquiétude.

Monsieur Besson avait laissé entendre qu’il agirait avec plus d’humanité que son prédécesseur… Il n’en prend pas le chemin !

Tableau de chasse du ministre de l’identité nationale :

– Jinlong JIANG, arrêté le 1er avril à Paris et transféré au CRA de Vincennes. Il est père de 3 filles, l’une d’elle a courageusement témoigné dans le film « Laissez-les grandir ici » en lien ici : http://www.educationsansfrontieres.org/?article4633

– Miao LIN, jeune parisien de 23 ans, arrêté le 31 mars par la PAF de Bellegarde (01), transféré le 1er avril à la prison pour étrangers (CRA) de Lyon (69).

– Yong CAI, père parisien, arrêté à Bourges le 1er avril sur son lieu de travail et actuellement au CRA de Palaiseau. Sa femme va accoucher dans 1 mois.

– Changfu WANG, père de deux enfants, arrêté en même temps que Yong CAI et toujours en rétention au Palaiseau.

– Jin MING , parisien, arrêté en même temps que Yong CAI mais libéré avec APRF.

– M. SUN, parisien arrêté en allant porter plainte contre son employeur à Angoulême. Avec l’aide de l’Union Locale CGT, libéré.

– Jianyun YANG, arrêté le 1er avril au métro Arts et Métiers à Paris. Il a été libéré dans la journée.

– Juan Carlos CASTANO TORO, père de 3 enfants, arrêté le 1er avril à Paris et placé en rétention au CRA du Mesnil-Amelot.

– Majdi AOUF,arrêté lundi 30 mars à Lille, près de la gare, en attendant son RV le même jour pour se pacser avec son amie française. Libéré par le JLD, il doit toujours confronter une audience en annulation de son APRF.

– Cheng Qi LIN, père d’une fille de 5 ans, arrêté lundi 30 mars dans le métro Châtelet à Paris. En rétention à la Cité.

– Abou KOOTA, presque au point pour un dossier de dix ans. Arrêté à Paris et envoyé à Vincennes. Il a un enfant de un an d’une compagne d’origine différente; l’enfant est sans nationalité.

– Edwin PEREZ MONROY, résidant à Villeneuve St Georges, arrêté le 1er avril à Maisons-Alfort (94) et libéré dans la journée.

– Zhili SHAN, arrêté le 1er avril dans le douzième arrondissement et libéré dans la journée.

– Monsieur Ilan a de nouveau été arrêté le 29 mars devant son domicile dans le 77, après un passage au CRA 15 jours auparavant.

– Kehen CHENG, arrêté le 30 mars après une visite à sa femme qui venait d’accoucher à l’hôpital Robert Debré (75). Libéré sur la foi de l’acte de naissance.

– Yuandong WENG, mère de deux enfants, arrêtée le 27 mars à Issy-les-Moulineaux puis transférée au CRA de Oissel à des centaines de kilomètres. Libérée par le TA le 31 mars.

– Kleber LEMA PACHECO, arrêté le 31/03 au guichet de la Préfecture de Police de Paris lors d’un RV pour demande de régularisation par le travail. Kleber a été conduit au CRA de Vincennes. Il a un bébé d’un an.

– Wang Yin CHEN, père de deux enfants, arrêté le 2 avril en prenant le RER vers St Quentin en Yvelines et toujours en garde-à-vue.

Dix-huit interpellations, Dix-huit gardes à vue, des dizaines de policiers probablement pas très fiers des missions qu’on leur confie. Il faut prendre la mesure de ce qu’est une expulsion : c’est une arrestation, une garde à vue, un emprisonnement puis, quand elle est exécutée, la spoliation de tous ses biens, la perte de son logement, celle de son travail et la rupture, souvent pour des années et des années avec sa famille.

Monsieur Besson prend parfois la pose de quelqu’un qui a des scrupules. Qu’il explique comment il les concile avec ce travail de bourreau.

Tous les personnes interpellés doivent être libérés. Ils doivent être régularisés. Mais surtout, les lois qui permettent d’infliger de telles souffrances doivent être abrogées. Sans délai.

RESF

SOURCE : RESF

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