Documents du Congrès constitutif du PIR (27-28 février 2010)

Motion sur les réparations concernant la déportation et la réduction en esclavage des Africains

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Comme nous vous l’avions annoncé, à la suite du document-cadre intitulé « Principes politiques généraux du PIR », nous publions aujourd’hui un autre document adopté par notre premier Congrès. Cette brève motion résume la position du PIR en ce qui concerne la question des réparations concernant la déportation, la traite transatlantique et la réduction en esclavage des Africains.

Motion sur les réparations concernant la déportation et la réduction en esclavage des Africains

Considérant que :

 La déportation et la traite des esclaves ont oblitéré ou détruit à la racine l’édification des nations africaines et enrichi leurs oppresseurs en leur permettant de construire leurs nations et leurs Etats.

 Les Européens blancs ont tiré profit de l’esclavage, que leurs ancêtres aient été pour ou contre la traite, grâce à une série de privilèges liés au simple fait d’avoir la peau blanche.

 La traite représente la déportation la plus importante de tous les temps, pourtant ce chapitre de l’histoire reste en grande partie dans l’ombre notamment dans les manuels scolaires.

 La traite et l’esclavage sont des crimes contre l’Humanité dont l’imprescriptibilité est de droit et dont les ayants droit sont là.

 Les barbaries, les asservissements, les viols, les tortures, les massacres, les déportations, les sauvageries au quotidien des siècles durant, ne sont ni quantifiables, ni réparables mais adressent la responsabilité des Etats qui les ont promus.

A contrario, sont quantifiables les heures, les jours, les mois, les années, les siècles de travail des esclaves. Sont quantifiables les primes versées par tête de nègre, les indemnités versées aux colons et aux petits blancs, le remboursement exigé d’Haïti.

 Sont mesurables les espérances de vie volées, les bouleversements des économies africaines dont la traite transatlantique est responsable([Nous ne traiterons pas ici de la traite saharienne qui fut aussi atroce)]. Sont quantifiables la part qui revient aux esclaves dans la croissance économique européenne, de la constitution du capitalisme marchand à l’éclosion et au développement du capitalisme industriel.

 Les nations européennes esclavagistes doivent réparation de ce commerce criminel et du génocide qu’il a entraîné, commerce qu’elles n’ont pas hésité à légitimer et à institutionnaliser alors même que des autorités morales contemporaines le condamnaient. Est concerné au premier chef, l’Etat français dont la continuité de l’Etat est affirmée par les plus hautes autorités notamment par l’usage qu’ils font du terme et du concept de France Eternelle repris dans le cadre du débat sur l’identité nationale.

Le PIR :

 Soutient la procédure contre l’Etat français engagée en 2005 par le Mouvement International pour les Réparations (MIR), et l’extension de son champ d’application à l’ensemble des terres d’esclavages et de travail forcé sous le joug français.

 Exige la restitution à Haïti de la rançon de cent cinquante millions de francs or, exigée par la France Républicaine dans la continuité de la France Impériale

 Exige la remise intégrale de la dette des pays africains sans préjuger des réparations nécessaires

 Soutient la lutte des collectifs, des organisations, des peuples des colonies française d’Outre-Mer, qu’elles soient dénommées départements ou territoires, pour la suppression des inégalités abyssales entre les héritiers des colons et les descendants des esclaves, pour la reconquête de leur droits, de leurs cultures, de leurs histoires, de leurs futurs.

Paris, les 27-28 février 2010

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