Crimes policiers

Mark Duggan abattu par un policier? Oui, mais « dans les règles »

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Le 04 août 2011, Mark Duggan, 29 ans, est tué par un policier en pleine rue, dans le quartier londonien de Tottenham. Ce meurtre déclenche de larges révoltes pendant près d’une semaine dans tout le pays, à la suite desquelles la police procéde à plusieurs milliers d’arrestations. Les condamnations pleuvent, les prisons anglaises débordent.

L’administration pénitentiaire multiplie les transferts pour « faire de la place » aux nouveaux arrivants. Un climat néfaste s’installe dans la capitale, fait d’un mélange de délation généralisée, avec la videosurveillance et les médias pour soutien, de chasse à l’homme quotidienne sur fond de « profilage racial », et d’un abbatage judiciaire « en règle » dans des tribunaux débordés.

Le 8 janvier 2014, un jury de dix personnes, saisi à la « Royal Courts of Justice » de Londres pour statuer sur la « légalité » du meutre de Mark Duggan, s’est prononcé après trois mois d’enquête. Pour huit d’entre elles, Mark Duggan a été tué « dans les règles », estimant que les policiers avaient respecté la loi.

La justice britannique demandait à ce jury de répondre à deux questions : « Mark Duggan était-il armé au moment de son interpellation? » et « Le policier qui l’a tué a-t-il agi conformément à la loi ? ». A la première question, le jury s’est accordé sur le fait que Duggan n’était pas armé. L’argument de légitime défense invoqué depuis le début par la police londonienne n’a pas résisté à l’examen des faits. En revanche, à la deuxième question, le jury a répondu positivement. Ce dernier a considéré que la police a bien fait son devoir en abattant un homme désarmé, car l’arme que Duggan aurait eu en sa possession, selon le policier tireur, a été retrouvée à plus de six mètres du véhicule (aucune empreinte, ni trace ADN de Mark Duggan n’ont été retrouvées sur l’arme).

Les réactions de la famille ont été à la hauteur de ce crachat au visage infligé par un jury « populaire ». A la sortie du tribunal, la tante de Mark Duggan, a déclaré : « La majorité des gens de ce pays savent que Mark a été éxécuté. Nous allons lutter jusqu’à notre dernier souffle pour que justice soit rendue, pour Mark, pour ses enfants et pour tous les morts en garde à vue. Pas de justice, pas de paix! ». Devant le tribunal, la sortie des magistrats est accueillie dans la colère aux cris de « meutriers, racistes, menteurs » et de « Qui a tué Mark Duggan ? La police a tué Mark Duggan ». Un des manifestants déclarera : « Comment peuvent-ils l’abattre de sang froid, en plein jour, et persister à dire qu’ils étaient dans leur droit ? »

Le chef de la police londonienne, parlant de la mort de Duggan comme d’une « tragédie » pour la police londonienne,  s’est quant à lui réjoui que le jury ait reconnu que « nos officiers ont agi conformément à la loi lorsqu’ils ont été confrontés à un criminel armé qui représentait une menace pour eux et pour la population ». La mort de Mark Duggan vient s’ajouter à la longue liste des crimes policiers, notamment à Londres où le « racisme institutionnel » et la « gâchette facile » de la police viennent endeuiller les communautés à intervalle régulier.

 

Collectif Angles Morts

anglesmorts@gmail.com

 

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