Mise sous tutelle

Les état généraux : un nouvel acte du mépris coloniale

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En plein mouvement social en Guadeloupe et en Martinique, le 19 février 2009, le président français, resté silencieux depuis trois semaines, après une réunion avec les « zélu loco », a fait une déclaration télévisée qui restera dans l’histoire comme un parfait exemple du mépris colonial.

En premier lieu, Sarkozy, homme politique français de droite depuis plus d’une décennie, ministre d’un nombre impressionnant de gouvernements, a « découvert » qu’il existait des « injustices » dans notre pays. Il a été jusqu’à dire qu’il comprenait notre frustration. Manifestement, le président français tentait de défaire l’image déplorable que son sous-fifre Jego avait laissé en fuyant la Guadeloupe quelques jours plutôt en pleine négociation.

Deuxièmement, Sarkozy a annoncé qu’il avait décidé d’organiser des états généraux dans chacun des « DOM ».

Ici, on est en plein règne du bon plaisir du maître qui accepte de se pencher sur « nos » problèmes et donc demande à « ses » sujets de lui faire part de leurs doléances.

On se croirait revenir quelques siècles en arrière.

Depuis, il a nommé un Préfet d’origine guadeloupéenne, lui-même flanqué de trois autres « négropolitains », pour organiser cette nouvelle grande messe du début du XXI siècle.

Le Préfet Samuel est donc venu chez nous nous présenter l’organisation de ces états généraux.

Là encore, on peut observer que le maître et le valet ont pris leurs décisions sans aucune concertation préalable avec quiconque. C’est encore la loi du plus fort.

Au-delà de ces aspects illustrant largement le large mépris colonial du maître de l’Elysée, il faut quand même rappeler que le « coup » de « nous consulter » n’est pas nouveau. De Messmer au début des années soixante dix (du siècle dernier) à Paul Dijoud en passant par la mission « Lise Tamaya », le pouvoir français passe son temps à vouloir nous faire croire qu’il tient compte de ce que nous pensons.

Tout cela est de la poudre aux yeux. Nous n’avons pas besoin que Paris vienne connaître notre avis. Nous ne voulons que disposer de notre droit à décider pour nous-mêmes et notre pays.

Le cynisme n’ayant aucune limite, lors de son passage dans notre pays, le nommé Samuel nous a clairement expliqué que nous serons écoutés du 15 avril au 8 juin, avec une interruption pendant la campagne pour les élections européennes (défense de rire) puis les états généraux vont se déplacer à Paris et, enfin, Sarkozy va décider.

Bref, on nous consulte et le maitre décide. Cela n’a rien à voir avec une négociation comme cela a été le cas dans la période de la grève.

Il est évident que tout martiniquais digne de ce nom ne devrait pas accepter d’aller se prêter cette funeste comédie.

Il sera d’ailleurs intéressant de voir le comportement de nos « zélus loco » vis-à-vis de cette manifestation de mépris. Alors que Marie Jeanne a décidé le 9 mars de boycotter les négociations avec le Collectif, on verra s’il ira donner son avis au gouvernement français. Cela serait un nouveau pas malheureux vers la compromission.

Quant à nous au PKLS, l’Etat français nous a fait le grand honneur de ne même pas penser qu’il fallait nous inviter.

C’est un vrai hommage du vice à la vertu;

SOURCE : Patriyôt

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