Bonne nouvelle

Le gouvernement affaibli par la crise antillaise

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Yves Jégo ne s’est pas trompé sur un point : la crise a été longue. Sept semaines de grève générale. « Le chemin pour aboutir à un accord a été long et douloureux. Mais c’est désormais une nouvelle page de l’histoire de la Guadeloupe qu’il convient d’écrire », a commenté le secrétaire d’Etat à l’outre-mer, jeudi 5 mars, après la signature d’un accord entre le LKP et le Préfet.

Yves Jégo, comme le gouvernement sortent affaiblis de la crise antillaise. L’exécutif n’a pas réussi à effacer l’impression d’une mauvaise évaluation la crise et d’une intervention trop tardive. Le secrétaire d’Etat avait attendu neuf jours de paralysie totale en Guadeloupe pour se rendre sur place, avant d’être rappelé brutalement par le premier ministre inquiet de la tournure que prenaient les négociations avec le collectif.
Ecartant, sans le ménager, son secrétaire d’Etat, le premier ministre a choisi de reprendre en main le dossier, dépêchant deux médiateurs pour tenter de débloquer les négociations entre le LKP et le patronat. Le premier ministre avait, lui, aussi envisagé une crise sur la longueur. « La durée du conflit n’est pas une surprise. Aux Antilles le mois est l’unité de mesure pour ce genre de problème », a-t-il confié récemment.

EFFORT SUPPLÉMENTAIRE DE 847,9 MILLIONS D’EUROS

L’Etat fait un effort financier important. Le revenu supplémentaire temporaire d’activité, RSTA, qui doit anticiper la mise en place du revenu de solidarité active, sera finalement de 100 euros, au lieu des 80 euros proposés initialement par le gouvernement. Il représentera la moitié de la hausse salariale dont bénéficieront les salariés. Le dispositif RSTA coûtera à l’Etat 280 millions d’euros par an pour l’ensemble des DOM.

Détaillant l’ensemble des mesures prises pour répondre à la crise antillaise, Yves Jégo a évalué l’effort supplémentaire de l’Etat à 847,9 millions d’euros. Mais le premier ministre estime qu’il n’a pas lâché sur un point essentiel : l’exonération des charges. M. Fillon a tenu bon sur le refus de financer la hausse des salaires par une exonération totale du bonus comme le demandaient les chefs d’entreprise. Les exonérations accordées ne concernent ni la CSG ni la CRDS.

« Il était hors de question d’accorder des allègements de charges contre des hausses de salaires car aux Antilles il n’y a pratiquement plus de charges sur les bas salaires. Si on fait un geste, cela reviendrait à ce que l’Etat finance directement la hausse des salaires », avait indiqué Matignon.

Matignon le reconnaît, l’exécutif craignait une contagion du conflit à toutes les Antilles et à la métropole s’il donnait l’impression de trop lâcher. Le scénario est partiellement vrai : après la Martinique, le conflit commence à se propager à la Réunion où un appel à la grève générale a été lancé.

Sophie Landrin, 05.03.09

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