Colère

Islamophobie : Après les mots, les morts.

arton1845

Nous venons d’apprendre la perte de son bébé, par madame Leïla O. agressée par un groupe d’extrême droite radicale dans une rue d’Argenteuil. Aucun mot ne pourrait dire le dégoût que nous ressentons à cette annonce. Nous tenons tout d’abord à présenter nos sincères condoléances à la maman et à sa famille mais aussi à toute la communauté musulmane et à l’ensemble de ceux qui se sentent solidaire de son combat pour la justice et l’égalité.

Une nouvelle et sinistre étape vient d’être franchie. Dans quel pays prétendument démocratique a-t-on vu une telle convergence objective entre les hommes politiques, les hauts fonctionnaires, les journalistes qui jour après jour abreuvent ce pays de discours islamophobes et les hommes de main qui passent à l’acte ? Les uns pensent, et parlent, les autres agissent. Même quand ils semblent être à des antipodes politiques les uns des autres. Les groupes dits fascistes n’agissent jamais seuls.

Sinon comment expliquer l’attitude de la presse qui frise la complicité lorsqu’elle refuse de donner à ces actes criminels l’écho qu’ils méritent ? Quand bien sûr elle ne jette pas le discrédit sur les jeunes filles agressées. Comment expliquer qu’aucun homme politique, ni le président Hollande, ni son ministre Valls, ni aucun leader de parti représenté au parlement, ni aucun média d’importance n’aura daigné traverser la Seine pour visiter les victimes ?

Le voilà le résultat de 15 ans d’une politique islamophobe sans pareil, le voilà l’aboutissement de ces centaines d’heures de télévision haineuse, de ces milliers d’articles calomniateurs, de centaines de unes de magazines pousse-au-crime.

Nous l’avons mille fois répétés : nous n’attendons rien de ce gouvernement et de ses affidés, nous n’attendons presque rien de son opposition de gauche. Son principal leader, Jean-Luc Mélenchon n’a-t-il pas dit que l’islamophobie n’existait pas ?

Aussi, nous appelons la communauté musulmane et tous les indigènes de cette république à s’organiser et à répondre massivement aux mobilisations en cours. Seule la lutte paie et seule notre organisation résolue pourra défendre nos vies et notre dignité.

Youssef Boussoumah, membre du PIR

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