La chasse est ouverte

Drancy : 400 Roms expulsés, « patate chaude qu’on se refile »

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Ce mardi matin, à 6 heures, les CRS ont expulsé un campement d’environ 400 Roms, dont une centaine d’enfants, installés depuis six mois à Drancy, en Seine-Saint-Denis.

Les Roms racontent qu’une vingtaine de cars de CRS ont débarqué et que les policiers les ont délogés sans ménagement et sans autorisation. Un médiateur social du campement explique :

« Ils ont forcé la porte, et ensuite, ils n’ont ménagé personne. Il y a eu des mères avec des bébés poussés dehors, des gens mis par terre »

Sans savoir où aller, les expulsés s’installent à partir de 10 heures devant la gare de Saint-Denis. Entre le canal et les arrêts de bus, ils déposent leurs affaires ramassées à la hâte. Les enfants jouent pendant que les parents cherchent un nouveau terrain où s’installer. Plusieurs dizaines de Roms expulsés sont déjà partis s’établir ailleurs, dans les villes alentours.

« Les Roms, c’est la patate chaude qu’on se refile »

Sur place, plusieurs associations sont présentes. Alexandre Le Cleve, directeur de Hors la rue, raconte :

« Des expulsions comme celle-ci se produisent très souvent. Les Roms, c’est la patate chaude qu’on se refile. C’est aussi la variable d’ajustement de la politique d’immigration en France.

L’année dernière, sur les 25 000 reconduites à la frontières organisées par le gouvernement, 10 000 concernaient des Roms de Roumanie. »

20 000 euros par expulsion

Saimir Mile, président de l’association La Voix des Rroms, a sorti sa calculatrice :

« Nous avons fait le calcul à partir des chiffres du gouvernement. Sachant que le Sénat établit à 20 000 euros le prix d’une expulsion, la France aurait dépensé 600 millions ces trois dernières années, uniquement pour les Roumains.

Vous vous rendez compte du gâchis ! C’est un énorme gaspillage d’argent alors que ces gens peuvent travailler. Vous avez ici des maçons, des chauffeurs, des femmes qui travaillent. »

Parmis les enfants expulsés, une cinquantaine sont scolarisés en Seine-Saint-Denis. « Ils ont attendu que ce soit les vacances scolaires pour lancer l’expulsion », lance avec amertume Saimir Mile. A 14 heures, ni les Roms ni les associations n’avaient reçu d’explication de la part de la mairie ou de la police.

Hélène Decommer

SOURCE : Rue89

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