De compagnie.

C’est notre petit arabe

arton723

Au risque de surprendre les plus fidèles de mes lecteurs, je vous annonce que je ne comprends pas. Je ne comprends pas, le mauvais procès qui est fait à Brice Hortefeux.

Que reproche-t-on à Brice ? D’être raciste ! N’est-ce pas ridicule ?

Non ?

Mais mes pauvres amis, reprocher à Hortefeux d’être raciste est tout aussi ridicule que de reprocher au feu de bruler. Vous n’allez pas me dire que vous êtes surpris par les déclarations de Brice ? Lorsque j’ai lu dans les journaux la phrase « Brice Hortefeux est raciste », je vous garantie que la seule information contenue dans cette phrase est : « les journalistes sont vraiment des gros de tacherons de ne pas l’avoir remarqué plus tôt » ou « les journalistes ne trouvaient pas Brice raciste malgré ses précédentes déclarations car au final, ce que dit Brice n’est pas ci grave. Hein. On aurait dit pareil ou pas loin ». Je vous laisse choisir la conclusion qui vous convient le mieux.

Et vais encore plus vous choquer ! Je vais féliciter Brice.

Bravo Brice et merci ! Oui merci Brice pour ton esprit de synthèse. Tu as réussi avec ta Comrade du parti, assez représentative de ce que sont les cadres politiques blancs, à résumer ce que je m’essouffle à montrer depuis tant de temps. Bravo encore. Resituons la scène, Amine, un jeune et frétillant basané veux serrer la paluche de Brice et prendre une photo avec lui. S’en suit le dialogue suivant :

– Ah oui, ça c’est l’intégration… et lui, il parle arabe, hein !

– Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière.

– Il ne correspond pas du tout au prototype, alors.

– C’est notre petit Arabe…

– Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes.

Evidemment la presse, les « socialistes » et autres « gens de gauche » ont sauté sur la phrase  » Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. » Tout en omettant le fameux « seuil de tolérance », cher à Christine Ockrent et Mitterrand, et qui value le titre de grande journaliste à la première, et une place au Panthéon des grands hommes de politique français au second. Ou encore les propos d’Emmanuel Valls, maire d’Evry (cette sympathique ville où il ne faut pas vendre de livres qui traitent de l’Islam sans traîner cette religion dans la boue), qui explique discrètement, après s’être assurer que la caméra de télévision tourne bien, que le manque de blancs (c’est-à-dire la surabondance de noirs et d’arabes) nuit à l’image de la ville. Cette saillie de d’Emmanuel lui value le statut de présidentiable (pour être président en France, il faut ce qu’il faut n’est-ce pas ?).

Si tous ces braves gens ont sauté sur cette phrase, c’est bien parce que c’est facile et ça ne remet pas grand chose en cause. A titre personnel, je me suis plus intéressé aux termes « intégration » et surtout « notre petit Arabe ». Il est là le bon vieux racisme à la française !

« Intégration » et « c’est notre petit arabe« . Ces deux idées font la paire. Être intégré, c’est être « leur petit ». C’est-à-dire leur appartenir et être « petit » comme un bambin, toujours infantilisé, jamais assez mûr, jamais assez prêt et toujours à surveiller pour pas qu’on n’aille là où l’on ne doit pas aller et qu’on ne touche ce que l’on ne doit pas toucher. Je ne m’étendrais pas sur la manière dont le « c’est notre petit arabe » est dit, encore que si elle avait dit sur le même ton « c’est mon petit cocker », ça ne m’aurait nullement choqué, mais là elle a dit « c’est notre petit arabe » et cela ne semble pas choquer grand monde, et certainement pas « leur » pauvre Amine.

Je sais que certaines personnes rêvent de suivre la voix d’Amine vers l’intégration, aussi je leur passe ces quelques petits conseils :

Toi aussi réussi ton intégration !

Alors pour réussir son intégration, être catholique ou ne plus être musulman, manger du porc et boire de l’alcool, sont des étapes qu’il faudra penser un jour à franchir. Mais bon ce n’est pas le plus important, revoyons plutôt les « basiques » :

La première chose, et la condition sine qua non, à ce rentrer dans le crane est :

«Si un blanc insulte, ou traine dans la boue, des gens de votre espèce ou vous-même, souriez, confirmez les propos et protégez votre agresseur. Mieux ajoutez en une couche.»

N’oubliez pas qu’il va du bon arabe et du bon noir, comme du bon teckel. Vous savez ce petit chien bien inoffensif qui tourne toujours autour des pattes de son maître, dont il est avide de caresses et de mots doux et toujours prêt à faire des cabrioles pour obtenir sa petite croquette. Remarquez également que le tel quel… le teckel fait parti de ces chiens qui aboient plus fort que leur maître.

Dans cet exercice, le brillantissime Amine est exemplaire comme le montre la vidéo témoin où l’on voit Amine protéger Brice avec force dévotion et avec un naturel ad-mi-rable : l’intonation de sa voix qui ne change pas, on sent qu’il parle avec son cœur et qu’il ne répète absolument pas un discours écrit, appris et répété par cœur, en témoigne d’ailleurs les petits regards que jette Amine au dessus de la caméra comme s’il cherchait l’aide d’un souffleur inexistant pour se remémorer un texte qui n’existe pas. Admirable. Vite un César.

La deuxième chose à faire est un corolaire du principe premier, c’est le fameux corolaire de la haine de soi sans quoi la France ne serait pas ce qu’elle est :

«Vous êtes des êtres inférieurs et les blancs vous sont supérieurs. Si on vous insulte, c’est que vous êtes insultable en tant qu’être inférieur. Mieux insultez vous et les votres vous-même, les braves blancs en ont assez de se salir les mains et de passer injustement pour racistes.»

Troisième chose, le principe de l’obéissance, plus connu sous le nom de « ferme ton claque merde et fait ce qu’on te dit faire et dit ce qu’on te dit de dire sans broncher ni poser de questions ou sinon je te grille » pour d’évidentes raisons de pédagogies.

On aura donc compris que réussir son intégration c’est rester à sa place. C’est un concept raciste crée de toute pièce, qui défini avec du flou une position sociale de subordonnée pour les arabes, les noirs et les musulmans. Je dis défini avec du flou car c’est quoi l’intégration ? C’est mal défini. Il ne faut pas que cela soit bien défini. Une fois bien défini, il est facile de voir que ce concept est creux et il devient facile de dépasser. Il est plus facile de dépasser une barrière clairement défini qu’une barrière flou, ainsi à la question, qui est censée être libératrice, « suis-je enfin intégré pour que vous puissiez arrêter de m’en foutre plein la gueule ? » on répondra toujours par la négative ou avec un « pour l’instant », juste histoire de faire nous faire courir comme hamster dans sa roue.

En même temps, c’est lorsqu’un basané sort, ou essai de sortir, de la position sociale qui lui est assigné (en générale en dessous des blancs) que le terme d’intégration est utilisé pour attaquer le ou les contrevenant à cet ordre sociale, ou pour ériger en exemple ceux qui s’y plient volontiers.

Atman Zerkaoui

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