Archives de catégorie : Sadri Khiari


SADRI KHAIRIMembre fondateur du Parti des Indigènes de la République, SADRI KHIARI est l’auteur de Tunisie. Coercition, co
nsentement, résistance. Le délitement de la cité (Karthala, 2003), Pour une politique de la racaille (Textuel, 2006), de La Contre-révolution coloniale en France. de De Gaulle à Sarkozy (La fabrique, 2009) et de Sainte Caroline contre Tariq Ramadan (La Revanche, 2011) (en téléchargement gratuit ICI), et Malcom X, stratège de la dignité noire (Amsterdam, 2013))

Le succès de SOS-Racisme a généralement été appréhendé comme une simple opération de « récupération », concoctée dans les cabinets de Mitterrand et favorisée par « l’immaturité » des mouvements « beurs ». Dans sa thèse sur le traitement médiatique de l’association anti-raciste, P. Juhem [1] a mis en lumière les multiples déterminations qui ont rendu possible la « récupération ». Plutôt que de recourir à l’hypothèse fantaisiste d’une vaste manipulation engagée par une sorte de « comité central » des médias dominé par les socialistes, il a tenté de repérer les logiques spécifiques au champ médiatique, la pluralité des facteurs (enjeux internes, compétitions, stratégies commerciales, évolution du profil idéologique des journalistes, etc.), qui ont convergé pour aboutir à une gigantesque campagne de promotion de SOS-Racisme, sans minimiser, pour autant, la volonté politique de certains responsables socialistes – en premier lieu, Mitterrand – et l’efficacité de leurs interventions dans un contexte favorable.

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Bien plus que la génération antérieure, les générations blanches nées à partir des années 1980 ont été profondément affectées par les effets de la restructuration libérale et par l’offensive tous azimuts lancée contre les quartiers populaires. Leurs trajectoires historiques et leurs parcours de vie déterminent d’autres tropismes que ceux de leurs aînés. Enracinées dans une même condition sociale, un même sentiment de relégation, un même contrôle institutionnel, notamment policier, une même extériorité par rapport au champ politique et aux mécanismes décisionnels, une conscience commune et des solidarités puissantes se construisent entre jeunes Blancs – ou ceux que la précarité économique maintient durablement dans un entre-deux-âges social – et indigènes.

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Au tournant des années 1960 et 1970, marqué par la puissance du mouvement ouvrier, y compris dans le tissu urbain. L’État social est encore une réalité, même si s’amorce timidement un certain désengagement notamment en terme de logement social. La colonisation et le traumatisme de la décolonisation ont moins de dix ans. Le nombre d’immigrés issus des colonies a connu un nouvel essor. L’héritage de la colonisation est encore tout à fait direct et transparent dans les modalités de gestion de cette immigration, aussi bien dans les entreprises, dans l’habitat que dans le traitement politique et administratif. Et bien sûr dans les représentations dominantes. Nous sommes alors dans un contexte politique et économique bien différent de sa réalité actuelle. Pourtant, dans les quartiers populaires, la résistance blanche est déjà bien réelle. Elle est conduite principalement par le PCF; ce même PCF dont une des forces, dans la première moitié du XXe siècle, résidait dans sa capacité à intégrer les immigrés européens, mais qui fait alors le choix de défendre les ouvriers blancs au détriment des travailleurs immigrés d’origine coloniale. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et jusqu’à la fin des années 1970, les « Banlieues rouges » étaient fières d’être ce qu’elles étaient, c’est-à-dire le territoire où se prolongeaient les luttes sociales, où les acquis de ces luttes s’inscrivaient dans l’espace de vie et de résidence de la classe ouvrière. Dans les grands ensembles, se côtoient les ouvriers qualifiés mais aussi les couches mieux loties du salariat (employés, techniciens …), sur lesquelles s’appuient principalement les municipalités communistes. Les projets de rénovation urbaine qu’elles impulsent semblent alors pouvoir garantir aux travailleurs l’accession à un cadre urbain et à des normes de logement « modernes », reflets d’une mobilité sociale et culturelle qui les rapprocherait des conditions d’habitation, des manières d’être et de vie des classes moyennes. Car l’ambition du prolétaire est de ressembler au petit-bourgeois. Et l’ambition de la ville prolétaire est de ressembler à la ville petite-bourgeoise. La ville tout entière veut voir progresser son niveau de vie; elle veut changer de statut, pour s’élever en dignité. Et la dignité française impose d’être blanc. La banlieue rouge tient à rester une banlieue blanche.

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Il faut voir dans le renforcement de la Puissance indigène, revigoré par la revendication musulmane, l’une des causes fondamentales de ces crispations sur la République, la « laïcité à la française » et la nation. De même, l’hystérie anti- communautariste », si elle révèle quelque chose, c’est bien la crainte que les indigènes n’aspirent à une libération collective et plus seulement à une émancipation individuelle – nécessairement intégrationniste -, qu’ils ne se contentent pas d’interpeller les normes dominantes s’imposant aux individus mais en viennent à interroger les principes institutionnels de la République. Une crainte qui n’est pas d’ailleurs complètement injustifiée. Certes, aucune organisation musulmane, ou plus généralement indigène, ne revendique aujourd’hui de droits collectifs particuliers. L’égalité juridique entre individus abstraits – cette « valeur » républicaine qui masque la réalité persistante de communautés ou de groupes dotés de droits inégaux – n’est contestée par personne en tant que fondement du droit, de la citoyenneté et des institutions de l’État. Les revendications « régionalistes » apparues dans les années 1970 avaient déjà ébranlé le socle de la République nationale jacobine, « Une et Indivisible ». Nos organisations s’en défendent en revanche avec force. Par conviction intégrationniste ou pour ne pas donner des armes à l’adversaire, bien souvent les indigènes se revendiquent des principes sacrés de la République. Nombreux sont ceux qui, même s’ils sont français depuis des lustres, persistent en effet à se penser illégitimes. Ils s’interdisent le droit de discuter les « valeurs » de la France ni a fortiori de refaire la France.

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Vous n’avez rien à faire ce samedi ? Allez donc faire un tour à Saint-Denis – ligne 13 ou RER C – et interrogez les passants. Repérez un Français noir ou arabe et demandez-lui : « A quel peuple appartenez-vous ? » S’il vous répond « j’appartiens au peuple français », vous saurez que c’est un lèche-bottes. S’il vous répond sincèrement, il vous dira « J’appartiens au peuple noir – ou arabe ou berbère, malien, marocain, musulman, sénégalais, algérien, africain… » Repérez par la suite un Français dit de souche et posez-lui la même question. Il ne vous dira pas : « J’appartiens au peuple blanc ou européen ou chrétien » ; il vous répondra : « Je fais partie du peuple français. » Ces distinctions pourraient être sans grandes incidences s’il s’agissait simplement pour les uns et les autres de définir l’une des identifications qui leur sont chères, comme par exemple deux Français dont l’un serait fier d’être originaire de Dunkerque et l’autre de Marseille. Mais se revendiquer d’un peuple, c’est bien plus que cela. C’est établir le groupe auquel on appartient dans la société et affirmer son rapport privilégié à l’État ou, pour être plus précis, à l’État-nation. Que deux fractions importantes de la même population française, l’une largement majoritaire – reconnue par l’État et se reconnaissant en lui – et l’autre minoritaire – non reconnue par l’État et ne se reconnaissant pas en lui -, aient des réponses opposées, cela pose un problème stratégique majeur à l’une comme à l’autre.

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Le livre qui met un point final à Caroline Fourest !

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Nous publions ci-dessous, avec l’aimable autorisation des éditions Amsterdam, l’introduction du dernier livre de Sadri Khiari, « Malcolm X. Stratège de la dignité noire », en librairie à partir de ce 15 février.

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Intervention de Sadri Khiari au Colloque « Penser l’émancipation » qui s’est tenu à l’Université de Lausanne (Suisse) les 25 et 27 octobre 2012.

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L’ « islam radical », du point de vue de ces républicains, c’est tout bonnement l’islam indocile, rétif à l’occidentalisation, l’islam creuset d’une dissidence indigène. Le musulman qui veut pouvoir exprimer son islamité dans l’espace public est pour eux un islamiste radical non pas parce qu’il remettrait en cause la laïcité, mais parce qu’il incite les indigènes à s’affirmer dans l’espace public. Il est un terroriste non pas parce qu’il assassine des « victimes innocentes », mais dès lors qu’il s’introduit par effraction dans l’espace public.

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« Je viens de lire ça : « La communauté internationale s’inquiète pour les manuscrits anciens que recèle Tombouctou ». Il y a quelques jours j’ai posté un message concernant la destruction de mausolées au Mali. Je me suis permis un petit commentaire rapide : « ça m’énerve ». On m’a fait remarquer alors que ma réaction n’était pas assez virulente. J’aurais dû être profondément « choqué ». Eh bien, non. Je regrette que ces monuments historiques aient été réduits en miette, c’est tout. Je ne vouerai pas aux gémonies les « sauvages » qui les ont détruits. Pas tant qu’un million d’hypocrites le feront à ma place. Pas tant qu’on ne dira pas qui sont les véritables sauvages. Pourquoi devrais-je oublier l’inestimable « patrimoine mondial » détruit par le colonialisme ? Pourquoi devrais-je oublier toutes les cultures anéanties par la barbarie coloniale ? Pourquoi devrais-je oublier les splendeurs de l’Irak, parties en fumée, volées, dispersées, grâce à nos « bienfaiteurs » américains ? On m’a raconté, hier, qu’un peuple inconnu jusque-là venait d’être « découvert » en Amazonie. J’imagine déjà les anthropologues se ruant sur eux comme des mouches venimeuses, les scientifiques se jeter sur eux pour connaître leur médecine et la faire breveter. Dans six mois, quand on les aura pressés comme des citrons, l’UNESCO les aura classés « espèce protégée », « patrimoine culturel », et, ceux d’entre eux qui auront survécu à un tel traitement, seront transformés en objet touristique. Oui, pourquoi devrais-je maudire les « jihadistes » maliens plus que les vrais criminels qui poursuivent en toute impunité la destruction à grande échelle des cultures, des savoirs traditionnels et de la nature (et sans lesquels, du reste, ces « jihadistes » n’existeraient pas) ? Ecœurante modernité »

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