Archives de catégorie : Contributeurs

Houria Bouteldja réagit à une tribune violente de Fabrice Pliskin parue dans les pages web du Nouvel Obs, le 13 juin dernier, intitulée : « L’homophobie est-elle une résistance farouche à l’impérialisme occidental ? » .

Le Nouvel Obs a publié une version courte* de la réponse d’Houria Bouteldja sous le titre : « Fusillade d’Orlando et homophobie : réponse à Fabrice Pliskin » . La version longue est sur le site du PIR.

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Race is the crucial knot tying state power to capital and big business; this is what Houria Bouteldja aims to prove in this speech, which she gave at the “Trial of political anti-racism” on the 25th of May 2016. After repeated attacks against the Party of the Indigènes of the Republic, and against a large number of immigration and anti-racist movements also present at this meeting, Bouteldja presents her line of defence. Breaking the racist system requires an alliance between political anti-racism and the radicalized social movement. To establish the centrality of race, even within the preoccupations of the Nuit debout movement, Bouteldja takes us through the long history of capitalism and the Nation-state. She sheds a light on the racial knot linking geopolitical value-creation to capitalist value-creation. She invites everyone to join ranks with the descendants of the colonized, to unravel this knot, and give the struggles against neoliberalism a more powerful anti-statist and anti-imperialist content.

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La race est le nœud qui lie le pouvoir d’État au grand capital. C’est cette analyse que propose ici Houria Bouteldja, à l’occasion d’un discours prononcé au « Procès de l’antiracisme politique » (25 mai 2016). Face aux attaques multiples dont le Parti des indigènes de la république a été la cible, parmi tout un spectre de mouvements de l’immigration et antiracistes présents à ce meeting, Boutledja déployait sa ligne de défense. Briser le système raciste suppose une politique d’alliance entre l’antiracisme politique et les franges radicalisées du mouvement social. Pour indiquer la centralité de la race au sein même des préoccupations du mouvement Nuit debout, Bouteldja propose un détour par l’histoire longue du capital et de l’État-nation. Elle retrace le nouage racial entre valorisation géopolitique et valorisation capitaliste. Et elle invite tous et chacun à participer au combat des descendants de colonisés pour défaire ce nœud, et donner aux luttes contre le néolibéralisme un contenu anti-étatiste et anti-impérialiste bien plus conséquent.

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Adapted from Houria Bouteldja’s presentation at the Summer School for Islamic Critical Thought: “Decolonial Struggles and Liberation Theologies” (Granada, June 18, 2014).

One of God’s names is “a l-‘Adl,” which means “The Just.” The idea that my father, Allah yrahmou, transmitted to me is that Islam is fundamentally an ideal of justice. So, to the question “Can one be Muslim in the West?” his answer (as well as mine) would have been a provocative “No.” The presentation I will make here is not that of an Islamic scholar, as I have neither the qualification for it nor the pretension to it. Instead, I would like to offer an analytical framework for understanding the interactions between the fact of being and calling oneself Muslim and the fact of being involved in politics. Wal-‘Ilmou lillâh.

If Islam is really this ideal of radical justice, then our presence as Muslims in the heart of the imperial city, in the heart of injustice, is problematic. In this context, perhaps we would have more humility if we saw ourselves as becoming Muslims.

Some of you may dismiss that statement since, at the individual level, you respect the teachings of the sacred book, the five pillars of Islam, the Sunnah and the great principles. These are indeed the bases of Islamic practice and they are fundamental to whomever aspires to belong to the Ummah el Islamiya. But I contend that there is a profound contradiction between the ideal of justice advocated by Islam and the material gains that we have achieved by living, to a great extent, off of spoliation of the South (in the form of wages, social redistribution or political rights). We are certainly not the main beneficiaries of North/South domination (the bourgeoisie is), and we are not even secondary beneficiaries (the white working classes are). We are the unwanted and collateral beneficiaries of this system but we still benefit, even while remaining in the margins.

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En las siguientes líneas ofrecemos la introducción del último libro de Houria Bouteldja Los blancos, los judíos y nosotros. Hacia una política del amor revolucionario traducido en primicia para Nuda Vida por nuestro compañero J. V Iborra. Aprovechamos además para animar a que se traduzcan las obras de esta activista decolonial que se define así misma como « Indígena de la República », es decir, como sujeto racializado por el colonialismo francés.

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Ivan Segré a lu Houria Bouteldja, et nous avons lu Ivan Segré.

L’une des non-moindres vertus du livre d’HB, Les Blancs, les juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire[1], c’est qu’il fait tomber certains masques. Ivan Segré avait fait preuve d’une incontestable acuité, en dénonçant la trahison de l’histoire juive, dissoute dans la défense de l’Occident, au sein du philosémitisme et, finalement, les relents réactionnaires et xénophobes de ce dernier. Mais il reste pris dans la trame occidentaliste qu’il dénonce lui-même. La lecture Segré, qui se présente comme un exercice de déconstruction du contenu du livre de Houria Bouteldja, détourne systématiquement son propos[2]. Il n’en ressort qu’une défense obstinée du sionisme, justement parce qu’il est radicalement mis à nu par la militante.

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Rencontre avec Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des indigènes de la République, autour de son livre Les Blancs, les Juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire (La Fabrique, 2016).

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Cette intervention a d’abord été faite lors de la conférence : « Une histoire de l’Europe décoloniale et des peuples sans Etats », 19 et 20 février 2016, université de la Corogne / Espagne, puis le 5 mars 2016, à Barcelone dans le cadre des conférences : « La frontière comme centre. Zones d’être et de non être »

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Avec l’aimable autorisation des éditions La Fabrique, nous publions l’introduction du livre d’Houria Bouteldja « Les Blancs, les Juifs et Nous, vers une politique de l’amour révolutionnaire » intitulée : « Fusillez Sartre! ». Sortie le 14 mars 2016. La rédaction.

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« Pourquoi j’écris ce livre ? Parce que je partage l’angoisse de Gramsci : “le vieux monde se meurt. Le nouveau est long à apparaître et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres”. Le monstre fasciste, né des entrailles de la modernité occidentale. D’où ma question : qu’offrir aux Blancs en échange de leur déclin et des guerres qu’il annonce ? Une seule réponse : la paix. Un seul moyen : l’amour révolutionnaire. »

Dans ce texte fulgurant, Houria Bouteldja brosse l’histoire à rebrousse-poil. C’est du point de vue de l’indigène qu’elle évoque le pacte républicain, la Shoah, la création d’Israël, le féminisme et le destin de l’immigration postcoloniale en Occident.
Balayant les certitudes et la bonne conscience de gauche, c’est chez Baldwin, Malcolm X ou Genet qu’elle puise les mots pour repenser nos rapports politiques. Aux grands récits racistes des Soral et Finkielkraut, elle fournit un puissant antidote : une politique de paix qui dessine les contours d’un « nous » décolonial, « le Nous de l’amour révolutionnaire ».

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