livre houria

« Pourquoi j’écris ce livre ? Parce que je partage l’angoisse de Gramsci : “le vieux monde se meurt. Le nouveau est long à apparaître et c’est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres”. Le monstre fasciste, né des entrailles de la modernité occidentale. D’où ma question : qu’offrir aux Blancs en échange de leur déclin et des guerres qu’il annonce ? Une seule réponse : la paix. Un seul moyen : l’amour révolutionnaire. »

Dans ce texte fulgurant, Houria Bouteldja brosse l’histoire à rebrousse-poil. C’est du point de vue de l’indigène qu’elle évoque le pacte républicain, la Shoah, la création d’Israël, le féminisme et le destin de l’immigration postcoloniale en Occident.
Balayant les certitudes et la bonne conscience de gauche, c’est chez Baldwin, Malcolm X ou Genet qu’elle puise les mots pour repenser nos rapports politiques. Aux grands récits racistes des Soral et Finkielkraut, elle fournit un puissant antidote : une politique de paix qui dessine les contours d’un « nous » décolonial, « le Nous de l’amour révolutionnaire ».

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norman nabila

La notion de génocide, et le souvenir des crimes de masse, occupent une place centrale dans l’imaginaire politique de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle. Toutefois, contrairement à ce que l’on suppose parfois, cette importance ne procède pas d’un effet de sidération immédiate qu’aurait pu produire la destruction des Juifs d’Europe et leur internement inhumain dans les camps, lorsque ces faits furent révélés au grand public. Paru en 1947, le chef d’œuvre de la littérature concentrationnaire Si c’est un homme de Primo Levi passe d’abord à peu près inaperçu. Les rares intellectuels qui, comme Hannah Arendt, Theodor Adorno et Max Horkheimer, portent leur attention sur ces événements dans l’immédiat après-guerre les situent dans la continuité d’autres formes de violence sociale : capitalisme, impérialisme colonial, etc. Pour comprendre ce que l’obsession (européocentriste) qu’affiche notre époque à l’égard de la notion de génocide a de trompeur et de problématique vis-à-vis de l’impératif décolonial de libération de formes politiques et d’imaginaires non occidentaux, il importe d’en identifier la source – c’est-à-dire le processus de sa fabrication.

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bb

L’état d’urgence a été déclaré parce que la France est en guerre depuis le 13 novembre – a dit le 13 novembre à 23h 45 le président de la République française, François Hollande.

Or la France n’est pas plus en guerre qu’elle l’était la veille, ou un an avant. Elle bombarde l’Irak depuis 2014, et la Syrie depuis septembre 2015.

Depuis le 13 novembre, l’idée de guerre est utilisée comme un moyen de provoquer un état de panique générale —de panique calme, mais paniquée quand même.

Le pays a été sidéré par les tueries; il ne se savait pas menacé ; il ne savait même pas que la France bombardait l’Irak et la Syrie. Il a donc été facile pour le pouvoir de lui faire prendre des vessies pour des lanternes et de prétendre que la France allait, à cause de ces tueries, commencer à bombarder DAECH en représailles: parce que DAECH nous avait attaqués.

Mais aussi horrible soit DAECH, ce n’est pas DAECH qui attaqué le premier la France.

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guimet7

This paper was first presented in Montreal at the 7th International Congress for Feminist Research in the Francophone World on the 26th of August 2015, then at the Université de Paris VIII on the 24th of November 2015, and finally at the Université du Havre on the 30th of November 2015, as part of a colloquium on “Colonial and Decolonial Struggles in Past and Present France.”

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stop

Manifestation « Stop à l’état d’urgence ! »

Stop à la déchéance de nationalité !

– Levée immédiate de l’état d’urgence et de l’état d’exception permanent ;

– Abandon de la constitutionnalisation de l’état d’urgence et de la déchéance de nationalité ;

– Arrêt de la répression et de la stigmatisation des manifestants et militants des mouvements sociaux, des migrants, des musulmans ou supposés l’être, des quartiers populaires ;

– Respect de la liberté de manifester, de se réunir et de s’exprimer.

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Qu’est-ce qu’un génocide? Ou plutôt, quelle représentation construite historiquement et politiquement du génocide? C’est avec cette question que le PIR va inaugurer le Genocide Memorial Day qui aura lieu comme chaque année simultanément dans plusieurs villes européennes. Il est organisé une fois l’an, le troisième dimanche du mois de janvier par les membres du réseau décolonial européen pour que reste vive la mémoire des crimes et génocides coloniaux, de la traite négrière et de l’esclavage et pour que ces crimes occultés et perpétrés par les « nations civilisées » soient pleinement reconnus et assumés par l’ensemble des peuples européens.

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pol

Du 11 au 15 janvier 2016 se déroulera, à la Cour d’assises de Bobigny, le procès du policier qui a tué Amine Bentounsi d’une balle dans le dos en 2012. D’abord poursuivi pour « homicide volontaire », Damien Saboudjian sera finalement jugé pour « violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ». Une requalification des faits par le bas qui une affaire médiatique et politique.

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omar slaouti

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CAMARA

A la mémoire d’Abdoulaye Camara tué par la Police de 10 balles, le 16 Décembre 2014 au Havre.

Rendez vous le samedi 19 Décembre 2015 à la place de l’Hôtel de ville du Havre 76000 à 14H.

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image malika

« De tous les crimes du colonialisme, aucun n’est pire que la tentative

de nous faire croire que nous n’avions pas de culture propre ;

ou que celle que nous avions n’avait pas de valeur. »

Julius K. Nyerere

Rachel Dolezal est une femme blanche américaine qui a usurpé l’identité Noire pour se bâtir une carrière d’experte sur les questions de racisme aux Etats-Unis. Elle a fait la une de l’actualité courant 2015, lorsque sa supercherie a été dévoilée. Monter une telle mystification au pays de la One-drop rule[1] et des lois Jim Crow est particulièrement cynique. Pire, en réaction aux critiques formulées par de nombreux Noirs-Américains, la femme a persévéré, se prétendant transraciale et revendiquant la liberté de s’identifier comme elle le souhaitait. Les médias ont pris fait et cause pour elle, lui donnant la parole et la traitant avec empathie.

Certains, bénéficiant du racisme ici, ont regardé l’affaire l’air d’avoir tout compris. Or, prendre position en tant que Blanc sur des questions u.s. ne relève pas de l’engagement ou de l’antiracisme : c’est au mieux de la conversation[2]. Traditionnellement, en France, les voix Noires-Américaines sont utilisées pour réduire au silence la parole antiraciste. Cela permet à ceux qui tirent avantage du racisme ici d’embrasser des questions qui les placent du côté du Bien. Et d’éluder, par la même occasion, la question du pouvoir ici.

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