Réunion publique le mercredi 8 mai 2013, 15h Salle EDMP, 8 impasse Crozatier, métro Diderot ou Ledru-Rollin

8 mai/10 mai : jours de commémoration/jours de lutte

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Le 8 mai 1945, en Algérie, la république française à peine libérée de l’occupation nazie, réprimait une révolte « d’indigènes » dans la région de Sétif et Guelma. 45 000 morts à la suite de deux semaines de massacre.

Le 10 mai est depuis 2006 la journée de commémoration de la deuxième abolition de l’esclavage, celle de 1848. Elle rappelle un crime odieux de près de 400 ans, dénommé « Traite atlantique ». Celle-ci verra des millions d’Africains être déportés ou périr dans les colonies d’Amérique.

En ce mois de mai 2013, à quelques jours de la commémoration de ces deux journées, la mémoire des victimes de la colonisation et celle des victimes de la « Traite atlantique » font face au même péril : celui de nouvelles offensives du pouvoir pour effacer ces mémoires.

En effet, les élites politiques françaises et les gouvernements successifs semblent à nouveau vouloir renouer avec son exaltation au nom d’un refus de la repentance qu’elles se plaisent à confondre avec la reconnaissance politique des crimes. Les petites concessions de François Hollande concernant le 17 octobre 61 ne sauraient nous satisfaire tant que la responsabilité de l’Etat ne sera pas directement mise en cause.

Ainsi, ces jours derniers un nouveau pas a été franchi vers la réhabilitation de l’esclavage. La chambre criminelle de la cour de cassation le 5 février 2013 a déclaré que la loi Taubira qui a reconnu la traite négrière et l’esclavage comme étant un crime contre l’humanité, « n’était pas une loi normative qui pouvait servir de fondement légal à une poursuite pour apologie de l’esclavage ». Ainsi, c’est bien cette même loi qui désormais risque de se retrouver vidée de son contenu.

Nous l’affirmons, nous continuons à porter le fardeau de la colonisation car loin d’être conjoncturel, le sort des descendants de colonisés est la conséquence directe de la politique raciale historique de la République française.

Cependant, loin de n’être que douloureuse, cette mémoire pour nous est une force vive pour façonner nos luttes d’aujourd’hui et pour comprendre les défis auxquels nous devons faire face.

Face à l’histoire (néo)coloniale, il s’agit d’opposer aujourd’hui par notre lutte une autre lecture de l’histoire qui reconnaisse les luttes de nos peuples. La mémoire de la colonisation et celle de la traite atlantique sont indissociablement liées, comme le sont nos vies, indissociablement imbriquées par ce destin commun de résistance.

C’est pourquoi, nous ferons du 8 mai prochain, une journée commune de commémoration du sacrifice de nos martyrs. Celui de toutes les victimes de la traite
atlantique et celui de toutes les victimes des massacres coloniaux. De l’Algérie au Cameroun, de Madagascar au Vietnam.

Il ne s’agit pas pour nous de nous complaire dans le morbide mais bien de rappeler que la mémoire de nos ancêtres n’est pas à brader. Il s’agit pour nous de brandir haut l’étendard de la dignité pour laquelle ils ont tous donné leur vie. Nous sommes les dépositaires de leur révolte, les témoins de leur héroïsme et les porteurs de ce même souffle de liberté. Il s’agit pour nous de faire de notre histoire un enjeu politique.

Pour la France, le 8 mai est un jour de fête. Pour nous, il est un jour de deuil et de lutte

Réunion publique organisée par Le Collectif/Brigade Anti Négrophobie et le PIR, le mercredi 8 mai 2013 à 15h 8 impasse Crozatier, Salle EDMP, métro Diderot ou Ledru-Rollin

PAF : 2€ l’entrée

Intervenants :

– Guy Florentin (juriste et avocat)

– Babacar Diallo et Illunga Kalala (Organisation Uhuru)

– Lollia Franco (porte-parole du Collectif Anti Négrophobie)

– Youssef Boussouma (Parti des Indigènes de la République)

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